28 avril 2008
Les préparatifs
Ça prend quand même du temps de préparer le voyage... Il suffit pas de choisir un destination et un moyen de transport : une vieille mercos de 27 ans c'est quand même un peu capricieux, les vélos ça se répare pas tout seul et le matériel ça n'apparaît pas comme par magie.
Alors après avoir changé des flexibles de freins, la pompe hydraulique des suspension, réparé la fermeture centralisée, fait la vidange du moteur, de l 'huile de suspension et du pont de transmission, réparé la serrure du coffre, les antibrouillards et le circuit lave glace, renforcé un trou de rouille un peu douteux, acheté la carte grise (du premier coup avec tous les papiers qu'il fallait!), construit une galerie, bricolé les vélos, mis la housse du vieux siège pas confortable sur un nouveau siège confortable, cousu des rideaux, s'équipé de tout un tas de chose dont je ne vais pas faire la liste au risque de vous endormir... On est en quelque sorte prêts à partir.
Je constate après tout ça, que malgré tout ce qu'on peut dire ou prétendre sur "l'égalité des sexes", même si je rêve d'être une sorte de Mac Giver version féminine trop forte en mécanique, en bricolage, et pilotage de vieille mercos pas du tout facile à conduire, je manie beaucoup mieux la pédale d'accélérateur de la machine à coudre (je fais quand même pas de mon cas une généralité). C'est désespérant! Mais j'abandonnerai pas d'abord!
Le départ s'est fait de Bretagne (Treffendel), avec un temps pluvieux et une température extérieure d'environ 15°C. Après une courte escale à Larchant, direction la Savoie pour 4 ou 5 jours histoire de finir ce qu'il y avait à finir, d'améliorer ce qu'il y avait à amélioer au niveau de la voiture et du chargement. Il a fait un temps magnifique, presque trop chaud. On a fait un petit teste à vélo : l'aller retour entre chez mes parents et là où ma mère travaille. La descente, rien de plus délicieux : la vitesse, le vent qui te siffle au oreilles et tes yeux qui en pleurent. Par contre, dans l'autre sens c'est une autre histoire, mais j'ai fais comprendre à ma tête, à mes cuisses et à mes fesses qu'il n'y avait pas de caprice possible vu ce qui allait nous attendre, et ça s'est très bien passé. Nolig bien sûr était à peine éssoufflé en arrivant...
La température était idéale pour un petit effort physique, détail qu'on risque de rencontrer assez rarement vu les pays par lesquels on a décidé de passer...
Ce soir c'est direction Vars, le chargement se fait encore sous un temps pluvieux, même si cette fois on est en Savoie et pas en Bretagne.
Et ensuite, Ciao la France...
De nouvelles photos on été postées et légendées par Nolig :
cliquez pour voir--> http://picasaweb.google.fr/yona.laso
06 mai 2008
toujours vivants!
On est en Montenegro, on est vivant, la voiture roule toujours, on a enfin trouve un cyber cafe, je ne trouve pas les apostrophes et les accent sur le clavier, on a toujours pas trouve de douche depuis la France et mes cheveux commencent a etre serieusement poisseux... voila pour le resume!
J ai quand meme pas envie de m arreter la vous avez de la chance ;-)
Mercredi 30 Avril, Italia: Ciao la France, Bonjourno les Problemos
Apres hesitations (pas trop le morale ni la patate) nous quittons Vars sans grand enthousiasme et sous la pluie (3eme chargement et troisieme sous la pluie). Finalement des qu on atteint l`Italie on est content. On trouve un petit coin super joli pour notre premier campement dans les Alpes italiennes, verdoyantes et sauvages. Au menu pates au ketchup et sandwich jambon fromage.
Jeudi 1er Mai
l`histoire commence bien. Il fait beau et on se reveille dans un joli paysage. Mais les freins commencent a faire un drole de bruit et a se comporter de maniere pas tout a fait catholique. Les plaquettes arrieres sont mortes. Et pas de chance pour ceux qui ne travaillent pas, le 1er mai, c`est ferie, en France comme en italie. Ca c`est parce qu`on a oublie ton muguet, Mum.
Vendredi 2 Mai
Mercedes Benz Milano nous vend des jolie plaquettes toutes neuves et apres une seance de mecanique qui ressemblait a une sorte de gymnastique tres interessante, Nolig parvient a changer les plaquettes de frein sur un parking pres de Milan. La voiture freine, on peu y aller.
En Italie la signalisation n`est pas du tout claire, le diesel plus cher qu`en france et les paysages entre Turin et Venise sont monotones et particulierement moches.
Samedi 3, Dimanche 4, Lundi 5 Mai
Nous quittons l`Italie pour traverser un petit bout de slovenie ou nous passerons une nuit. La slovenie, contrairement a l Italie est magnifique. Des collines verdoyantes, luxuriantes. Jamais vu un paysage comme ca. Je suis jamais allee dans le jardin d Eden mais je pense que ca s`en rapproche. Au niveau des routes, on a plus l`impression d`etre en europe de l`ouest que quand on etait en italie.
Passee la frontiere croate nous prenons deux autostoppeur bulgares, Yana et Andon qui vont rester avec nous pendant deux jours et environ 400km. La voiture recommence a faire un drole de bruit, une drole de vibration. Nolig conduit avec les soucils fronces. Un souflet de cardan qui en fait de siennes? (je ne vais pas vous expliquer ce que c'est, je n`ai pas tout a fait bien compris...) Grace aux deux bulgares qui nous aident pour demander des renseignement (le bulgare est tres proche du croate), nous trouvons, non sans mal, un garage mercedes pres de Split. En fait c`est un pneu arriere qui avait une grosse ernie... On a changer la roue, Nolig fronce plus les sourcils, et la voiture roule comme si elle etait neuve jusqu a la prochaine panne.
En tout cas, nous longeons la cote depuis le debut de la croatie, c`est un peu touristique, mais ce pays est tres beau. On s est meme baignes dans la mer. un peu froide la mer...
Les deux bulgares nous on quitte hier (lundi)
Mardi 6 Mai (j`ai un peu l`impression de me melanger dans les dates, je vous laisse rectifier)
Aujourd hui on a traverse 3 douanes sans faire beaucoup de km : croatie -> Bosnie -> re croatie -> Montenegro. La douane en Montenegro, ca ne rigole pas. c`est le premier pays qui verifie vraiment nos passeports. On commence seulement a sentir une petite difference de mode de vie, et a croiser de moins en moins de voitures neuves.
Il pleut des vaches qui pissent et ca n`a pas l`air de vouloir s`arreter. c`est pas plus mal ca nous lavera un peu.
Je met les photo sur ce blog maintenant. les album sont affiches dans la barre de droite.
Pour les anciennes photos cliquez sur http://picasaweb.google.fr/yona.laso
12 mai 2008
pause
Voila,apres une semaine de conduite a peu pres (tout seul car Yona a peur de la voiture et moi je grince des dents quand elle la conduit c'est plus fort que moi),on a decide de se poser.Y'en a marre d'etre renfermes sur nous meme,de se cacher,de survoler,on veut voir du monde.
On peut pas vraiment dire qu'on se soit eclates jusque la,soyons francs...Toutefois les paysages redoublent d'inventivite pour nous distraire de notre mal de fesses fatiguee de se faire tripoter par les gros sieges de la mercedes...qu'est-ce que ca va etre en velo...
Albanie:fini l'originalite de la vieille mercedes,ici,tout le monde a la meme.On aurai du acheter une twingo.Les routes sont defoncees au debut en tout cas.J'ai peur,je roule a 2 a l'heure, les reins de la vieille sont fatigues(les silent bloc du train arriere se font la malle par petit bout et du coup ca fait cloc-cloc quand on passe sur les bosses.),par contre ,les gens d'ici ca n'a pas l'air de les deranger,les trous.Et va-y que j'te claxonne pour un oui ou pour un non au cas ou que tu m'aies pas vu arriver...Alors petit a petit j'appuie timidement sur le gros bouton au milieu du volant comme un petit garcon qui decouvre sa quequette et ca fait rire Yona.Chez nous ca sert que pour l'agressivite alors qu'ici c'est tout a fait normal(comme dans la plupart des pays qui suivront d'ailleurs.).
On a passe qu'une nuit dans ce pays qui est soi-disant dangereux mais qui est certainement le plus pauvre,et cette nuit on l'a passee au vu et au su de tout le monde pour une fois,histoire de provoquer une petite rencontre quand meme et ca a presque marche.On dort et on the road again!
Macedoine(attention,skopje pour les Grecs chauvins...): des montagnes,toujours des montagnes(ca tombe bien,on aime foutre les trois quarts de notre budget dans le gasoil)la vie pas trop chere...d'ailleurs on a oublie de faire le plein la bas avant d'arriver en grece,dommage,a 20cts de difference le litre...Par contre impossible de trouver de l'huile de colza depuis l'italie et le tournesol coute plus cher que le gasoil.Donc pas d'echappatoire,ou peut etre siphonner un ou deux camions...Non Yona c'est toi la siphonnee.
Pareil,qu'une nuit dans ce pays en hauteur,on se laisse aller a imaginer un voyage a cheval sans qu'il y aie de routes et d'uniformisation.On bouffe des flageolet avec de la sauce tomate et un reste de mouton que yona n'a pas fini au resto qu'on a mange deux jours plus tot en albanie,on dort et c'est reparti on zeu rod eugaine!
Grece:on a pas l'air de nous faire trop confiance a la douane,on doit enlever la bache pour que mr uniforme y jette un oeil,on fait expres de pas trop se presser paske sinon il risque de regarder d'autres trucs et comme on a 5 kils de cocke ca le fait pas trop...mais non, on a juste la flemme de tout deballer et comme lui aussi ca tombe bien...merde on aurai vraiment du ramener des trucs...
On passe notre premiere nuit chez un gros bonhomme dont je ne me souviens plus le prenom.On l'a rencontre sur le site de couch surfing il nous a bien depanne car on a pris notre premiere douche depuis une semaine et demie mais on avait l'air de l'emmerder un peu quand meme,la preuve,y'a qu'au moment de nous dire au revoir qu'il a ete vraiment chaleureux.
Maintenant on wwoof a donf comme des ouf sur une grosse ile de l'est de la grece:Evia. On est poses la pendant une bonne semaine histoire de se changer les idees. On va essayer de se promener un peu en velo pendant nos days off (jour libre pour les quiches en anglais) comme ca on met au point le materiel pour le retour. Bon en arrivant on avait les paysages du grand bleu dans la tete et ca a ete un peu decevant quand on a vu le truc mais bon apparament si on va de l'autre cote de l'ile y'a moyen de trouver des tres belles plages. Le travail est tres dur, on sue a chaudes gouttes, par exemple aujourd'hui j'ai promene le chien pendant une heure apres m'etre leve a 9h45, j'ai arrache deux rangees de roquette de 2m de long et ramasse 100g (au moins) de petits pois et voila, si, je vais peut etre me gratter le genou gauche un peu...voila c'est fait.
Il fait pas trop beau non plus.
La suite du programme c'est d'aller a Istanbul avant le 2 Juin pour rejoindre Giulia (ma soeur) qui rejoint son copain qui arrive en avion et on continue ensemble jusqu'en Armenie.
17 mai 2008
...les petites mallonnetes...
Toujours a Evia, le wwoof manque un peu d'intensite, les gens chez qui on est sont un peu lointains (c'est le cas de le dire car ca fait trois jours qu'il nous ont laisse la garde de la maison...).Il y Dave, un californien de 26 ans qui est la comme nous mais ca fait 11 jours qu'il a la chiasse et pour se guerir il a arrete de manger depuis 3 jours...on peut pas dire qu'il soit d'une presence des plus chaleureuses...mais il est gentil quand meme. Donc pas d'echanges avec nos hotes, on a un peu l'impression d'etres leurs larbins des fois,ils restent cloitres dans leur dome comme des seigneurs alors que c'est marque I love you et love partout. Y se la jouent ecolos et peace and love alors qu'ils arrosent leur jardin a outrance tous les jours pour avoir un beau gazon qui a decide de cramer quand meme. En plus que le mr il ressemble a un homme des cavernes et ca c'est tres grave! Y'a aussi une anglaise qui doit etre copine avec la madame qu'est anglaise aussi et qu'on sait meme pas qui c'est et qui se permet de nous dire ce qu'on doit faire...ca m'horripile! Pour la peine je leur ai syphonne 60 litres (le plein de la mercos+un bidon de 10 litres) dans une cuve a gasoil qui sert a faire fonctionner une chaudiere -qui fuit de partout-qui sert a chauffer un hammam dans lequel on nous a meme pas proposer d'aller...Na! Un syphon fon fon...
A part ca on fait les oedipiens parce que je suis malade (et j'en rajoute) et que Yona prend tres a coeur son role de maman incestueuse (et elle en rajoute)...On s'en va apres demain matin si tout va bien toujours a la recherche de notre grand bleu...d'ailleurs je m'en suis fait un en tombant en velo. Ceci dit, on a quand meme trouve une plage avec moins de poubelles que les autres et ou l'eau est chaude.Et puisqu'on est dans le positif, je me permet un petit couplet sur le Grec moyen qui nous est insupportable du fait qu'il nous claxonne en permanence quand il arrive derriere nous et qu'on marche sur le bord de la route, il a un jogging de la meme marque que son deo, et son pick-up neuf est une prolongation de son penis qu'il arriverait meme pas a voir dans une glace tellement il est gras. C'est a peu pres comme un beauf francais en pire parce que y'en a vraiment partout (Je suis vraiment desole maman,Papou et les ancetres...).Voila!
26 mai 2008
into the Wild, alias ze grand bleu
On a quitte sans grands regrets les hotes d'Evia, et, je ne sais plus tres bien pourquoi ni comment ca a ete decide, on se dirige vers l'Ouest d'Evia pour y prendre le ferry qui va sur le petite ile de Skyros. C'est tres joli la-bas parait-il. Pour atteindre l'autre cote d'Evia, nous l'avons traversee par la terre, dans les montagnes. Plus on s'enfoncait dans la terre et plus le beauf grec devenait rare. Plus on s'enfoncait dans la terre et plus le temps semblait revenir en arriere. C'etait des petits villages coinces entre deux montagnes avec des petites mamies toutes habillees de noir et des petits papis qui marchaient a cote de leur mule. Seulement des petits papis et des petites mamies, forcement ca fait authentique. Les enfant et les petits enfants ont du partir avec leur belle voiture tuning. En tout cas ces petits villages dans la montagne ressemblent beaucoup plus a l'image qu'on avait de la Grece. Mais bon, l'image s'est vite mise a flotter derriere nous quand on s'est rapproches a nouveau de la cote, parce que les jackies tuning etaient au rendez-vous.
On se pose pour la nuit sur le port de Kimi, et on se debrouille pour acheter un peu de poisson pas trop cher aux pecheurs qui viennent de rentrer. Mijotes au feu de camping gaz avec des petits legumes...succulent. On discute un peu avec deux egyptiens qui travaillent sur un bateau de peche (dont le capitaine est grec, et qui doit plus se sentir peter dailleurs car c'est le seul grec du bateau).
Sur Skyros, on a decide d'y aller en velo et de laisser la voiture a Kimi. Alors on decharge tout, on monte les velos, on clips la remorque de Nolig et on accroche mes sacoches (Encore merci Toons et Tibo si vous passez par la, elles sont vraiment parfaites).
Prendre le bateau, a chaque fois c'est grisant. Arrives sur Skyros, les vieux assis sur les terrasses nous regardent d'un air rigolard avec nos velos. C'est vrai qu'il faut vraiment etre tare pour fair un truc pareil quand meme, s'emmerder a pedaler alors que ca fait longtemps que l'automobile a ete inventee. Bref, on achete 2 tomates, 4 bananes, et du riz dans les feuilles de vigne en boite et hop c'est parti (apres une biere a la terrasse). Le soleil est tombe, il ne fait pas trop chaud et on est motives, alors la pente on l'avale, et on garde la descente pour le lendemain matin, c'est mieux pour commencer. On se pose sur la colline avec vue sur la mer.
Le lendemain, on doit faire un petit demi tour parce qu'on a rate la bifurcation. C'etait bien la peine de se garder la descente! En plus, comme y'en a pas un pour motiver l'autre a se lever le matin, on est parti a l'heure la plus chaude, et on sue a grosses gouttes... La plupart des routes sont des pistes, et on a pas croise une seule voiture depuis le debut (et ca va encore durer un moment). Au sommet de la cote (ouf) on fait une petite pause a cote d'une des multitudes de chapelles qu'on peut trouver en Grece. C'est plutot tres joli par ici et on se dit que c'est un bon endroit pour bruler le cierge qu'on avait promi a Marika. Si ça marche tu devrais habiter dans ta maison quand on revient. J'en ai brule deux autres, maıs j'avoue qu'avec toutes ces icones qui te surveillent d'un air triste et severe pour te rappeler que t'es dans la maison de dieu, j'avais l'impression de faire un geste un peu denue de sens. De toute façon le gardien de la chapelle avait cadenasse la boite pour faire les dons, alors l'bon Dieu il a pas de raisons de ne pas exhausser nos voeux.
Pendant les deux jours suivants on a campe sur une petite plage, dans le village d'Atsitsa. Il y a un centre de Yoga avec plein d'anglais qui on l'air plutot hysteriques, mais pas mechants. La famille grecque qui tient le petit bar-restaurant est souriante. Le pere est pecheur mais il y a trop de vent pour aller en mer, alors c'est pas encore aujourd'hui qu'on va manger du poisson... Ho est puis merde, on craque on se paye des frites et du poisson dans leur resto. Nolig a trouve 3 bouts d'hameçons tout rouilles sur une plage en venant ici, et on va demander (un peu honteux) au bar si on a des chances de choper quelque chose avec ça. Les pecheurs prennent tres a coeur leur role de pecheur, et on sent bien qu'il faut les laısser gerer la situation, alors avec trois noeuds savants sur un bout de ligne qu'ils nous donnent de bon coeur, on est pres a massacrer des bigorneaux innocents pour appater les poissons qu'on voudrait bien voir dans notre assiette. Au bout d'une minute ça mord, au bout de cinq Nolig en tire un de l'eau. On est tellement contents qu'on le rejette a la mer. C'est comme ca qu'on a gache notre chance du debutant. Encore du riz aux pates pour ce soir... C'est pendant qu'on pechait tranquillement qu'un vieux bonhomme gesticulant est venu nous voir en parlant grec. Peut etre qu'il vient nous dire que c'est dangereux de rester ici. Peut etre qu'il connait l'endroit ou des poissons enormes mordent a tous les coup.
"heu... sorry we don't speak greek..."
"Ok, any langage! it is forbidden to camp here, it is forbidden to make fire, it is forbidden, it is forbidden!"
"but we just sleep on the beach, we don't make fire, and we had problems with nobody..."
"Yes but if you stay I will call the police!" Et le gentil monsieur s'en alla sans aucune autre explicatıon. Surement un patron d'hotel fruste de voir qu'on ne lui rapportais pas un sous, et qu'en plus on dormait par terre sur la plage et ça c'est bizarre. Surement aussi qu'on devait fumer du gingembre la, ou j'sais pas quoi.
Nolig aurait voulu lui dire "I hit my balls" mais je crois pas que ce soit la bonne traduction de je m'en bat les couilles... Si tu passes par la, mon anglaise de Maman, peut etre que tu pourras nous dire, ça peut toujours servir.
Yona.
02 juin 2008
zeu grand bleu, 2e partie et fin.
Bon ben malgre que le monsieur nous aie trouble dans notre bonheur, on est reste quand meme. Mais ca a casse un petit peu l'ambiance. C'est toujours frustrant d'etre impuissant face a la connerie. Cet enfoire ne nous a meme pas laisse le temps de lui demander qui il etait et pourqoi il se permettait de nous dire si on pouvais rester ou pas, ni de l'envoyer chier. Cette situation se repette souvent que ca soit en ville avec les flics ou ailleurs. On s'est meme pris une prune a Paris parce qu'on etait deux sur le meme velo...Comment savoir qui a raison? tout ca c'est qu'une histoire de point de vue. En tous cas, le mien c'est que les plages n'appartiennent a personne, riche ou pauvre, et que c'est pas une pine d'huitre Grec qui va me faire bouger en me menacant d'appeler la police (un des arguments du monsieur c'est que y'a pas de toilettes sur les plages et que c'est sale de faire ses besoins dehors).
Tout ca pour dire qu'on est reste, que personne parmi les gens qu'on a croise n'a manifeste de gene a nous voir dormir sur la plage et que la police je me demande bien ce qu'elle aurai fait si elle etait venue.
On est quand meme partis le lendemain paskeu c'est ce qui etait prevu...oui on est tres tres prevoyants, ca arrive meme aux meilleurs...et on a continue notre trip harrassant a une moyenne de 3 a 4km par jours, ca fait pas beaucoup comme ca mais sur la carte (1cm pour 500m) ca rend bien surtout quand on est habitues a celle d'europe (1cm pour 10km au moins). Je pense meme, en superposant la longueur du chemin parcouru de la carte de Skyros sur la carte d'europe, qu'en une semaine on a bien fait Paris İstanbul...
Faut dire aussi qu'on est toujours incapables de se lever a une heure raisonnable et qu'on fait tous nos trajets en plein cagnar.
Le paysage est toujours sublime, plein de petites criques, des grandes etendues sauvages et la mer pire que les cartes postales.Toute cette partie de l'ile est vraiment jolie et tres peu abimee par le tourisme malgre que ca soit le revenu principal des gens, c'est etonnant. Certains jours on croise presque que des chevres qui ont l'air de vivre a l'etat sauvage (a moins qu'elle vendent leur fromage elles memes) .
Un soir, on a dormi dans une cabane dans un arbre. Apres enquete soigneuse des lieux, nous supposons qu'un individu de sexe masculin (ca c'est vraiment pas sure l'histoire du sexe, c'est juste en rapport avec la quantite d'alcool stockee et le slip de bain trouve par terre) vient passer queques mois ici chaque ete. İl y a tout ce qui faut pour survivre quelques jours : des pates, de l'huile d'olive, du gaz, une sorte de boite de patee pour chien pour homme et 2/3 boites de poissons, de la creme solaire, un hammac troue, du soleil, de l'ombre, de l'air, la mer et une moustiquaire.
La peche est toujours infructueuse malgre ma patience a toute epreuves pendant 1h30...Des dizaines de bigorneaux massacres pour rien. Quand on fait une demande de visa pour les etats unis, il y a un formulaire a remplir et parmis les questions posees dedans, il y'en a une qui demande si on a deja participe a un genocide...Me voila oblige de mentir si je veux aller la-bas.
Quelques feuilles de vignes et tours de manivelles plus tard, nous voila a poser le camp dans le preau d'une chapelle 6 km plus loin. Les poissons ont decides de snober nos lignes malgre l'augmentation de nos effectifs. Et oui, nous avons fabrique une deuxieme ligne. Donc encore des molusques morts pour rien et des pates au menu. D'ailleurs une fois on a mange nous meme les bigorneaux car malgre qu'ils courent vite ces salauds c'est plus facile que la peche...
On a change de cote de l'ile, maintenant, nous sommes a l'est, c'est beaucoup moins beau et plus habite.
Le lendemain on est reste pas mal de temps a faire la siest a l'ombre d'un figuier entoure de laurier rose. Normalement c'est le refuge d'un troupeau de chevre mais on les a gentiment virees malgre leur manque d'enthousiasme a aller voir ailleurs si on y etait. Elles on d'ailleurs fait plusieurs tentatives de reconquete infructueuses de la place. C'est meme pas l'odeure tres forte qu'elles y ont laisse qui nous aurai fait changer d'endroit.
Ce jour est quand meme a graver dans les annales car nous avons attrape deux enormes poissons (environs 70 grammes chacuns...),un chacun. Un des deux avait des couleures particulierement flashies ce qui nous a fait douter quand a sa commestibilitee. J' ai donc ete demander a toutes les personnes que j'ai pu trouver dans le coin, c'est a dire un vieux qui promenait sa canne par la, 3 gars qui se ont arrete leur pick-up la pour prendre de l'eau a la source voisine et des chevres. Le vieux a dit pas commestible, un des gars a dit ok, les deux autres ont prefere se taire et les chevres font la gueule rapport au figuier. Dans l'ensemble personne n'avait l'air tres sur de son coup...Alors on l'a mange quand meme. Je n' ai jamais entendu parler de poissons veneneux a part un que les japonais aiment bien et qu'il faut cuisiner d'une facon particuliere si on veut pas en crever. A l'heure qu'il est on se sent pas pire que d'habitude alors deduisons-z-en que c'etait un gentil poisson.
Et puis on a rendu la place aux chevres pour passer la nuit a Linaria pour prendre le ferry de retour le lendemain matin. On a d'ailleurs voulu acheter deux poissons pour le repas du soir mais le gars a pas voulu, il a vraiment insiste pour qu'on en prenne 4 gros gratuitement, alors on a accepte et on s'est fait une grosse ventree a la sante du capitaine. Merci capitaine.
Le lendemain on s'est force a se lever tot pour prendre le ferry qui pars a 8h...a ce qu'on croyais car en fait le dimanche-et on etait dimanche-il part a 16h. Donc on a traine sur le port a boire des cafe et des cocas citrons. Le premier coup etait d'ailleurs offert par le barman qui voulais pas se faire chier a trouver la monnaie de mon billet de 10E...ok, si tout est gratuit, on va peut-etre rester un peu plus...
Voila pour Skyros.
A notre retour au port d'Evia, on a retrouve un de nos potes egyptiens qui se font exploiter par les capitaines Grecs et a son tour il nous offre une petite dizaine de poissons qu'ils nous aide a cuisiner. Et ouai, on commence vraiment a connaıtre tout le monde ici...on est vraiment des stars!
On recharge notre bordel sur le toit, on dort sur le port et c'est reparti direction Istanbul.
Voila pour l'article.
10 juin 2008
vite fait des nouvelles
Bon ba voila, on est arrive a Jerevan on rentre en avion, on a vendu les velos.
Non, c'est pas vrai, en tout cas, on est un petit peu en retard sur le blog mais on a 2 semaines pour le rattraper. (celui d'avant pas celui qu'on continue a prendre...)
Merci pour les gentils commentaires que vous mettez, on prend autant de plaisir a les lire (quand y'en a...) que vous quand vous nous lisez (pour ceux qui en ont le courage...), meme quand c'est des insultes.
14 juin 2008
Istanbul
Istanbul.
pecheur, fast food, dauphins, ferry, burka, europe, orient, crevette, grouillement, moiteur, train, pieton, pauvre, riche, mendiant, taxi, bus, cycliste, metro, bruit, helico, cargo, barque, religion.
Immensite bouillonnante et vivante, inquietante et attirante, fatigante et passionnante.
Trafic diagonal, vertical et horizontal.
Deambuler, trainer et admirer le spectacle de la rue et de la foule cosmopolite.
A Istanbul, tout s'achete, du plus utile au plus etonnant, du plus clair au plus douteux. Le turc peut vendre un kebab comme un tube presse citron en plastique ou des graines pour donner aux pigeons : chaque geste est d'une rapidite et d'une precision epoustouflante. Un tour de passe-passe. Istanbul est un show permanent.
Envie de consommer, de gouter a tout. Les odeurs qui flottent en permanence font rugir ton estomac.
Regarder les pecheurs aglutines sur le pont, sentir le pont vibrer avec les voitures, et meme voir des dauphins sous le pont, surement la pour grignoter les poissons au bout des hamecons.
Manger. Kebab, kokorek, long beignet juteux et succulent, moule fourree aux riz et aux epices, halva et beaucoup d'autres...
Le regard des hommes est parfois lourd, les jupes ne montent jamais au dessus des genoux et les decoletes sont quasi inexistants. Certaines femmes portent la burka, ou un foulard pour qu'on ne puisse pas apercevoir leurs cheveux, elles ont aussi un long manteau beige et on ne distingue aucune forme. Mais dans l'ensemble, Istanbul est une ville assez libre. Il faut quand meme que j'achete un T-shirt qui me couvre le decollete et les epaules, pour etre tranquile. J'en ai en fait achete deux et Nolig m'en a offert deux autres. L'excuse c'est que c'etait vraiment pas cher... Envie de consommer...
Y.
Istanbul 2
Meroba! (bonjour! en turc)
Toujours a Istanbul,
Apres ce magnifique prologue tout en poesie, revenons a nos aventures. Notre mission premiere etant quand meme de recuperer Sadek (le mari algerien de ma soeur bretonne...) ,qui n'a jamais voyage et qui debarque dans une ville de 15 millions d'habitants sans parler ni turc ni anglais...voila. Donc on a cherche, en arrivant en Turquie quelqu'un sur le site de couch-surfing qui voulais bien de nous et on s'est rendu le lendemain a Istanbul direction chez gokce (prononcez : Gokche), son profil annoncant qu'il aime ne rien faire nous convient particulierement bien...
Que dire..? Deja, Le Turc moyen nous parait beaucoup plus aimable et serviable que le peuple d'avant la frontiere. D'ailleurs, pour se mettre dans le bain on en prend 2 en stop le lendemain de notre premier jour en Turquie, premier jour qui fut salue par un grand drapeau rouge orne d'un croissant et d'une etoile blancs de la taille d'un terrain de foot (non j'exagere pas...) flottant fierement dans le ciel des la frontiere...si j'etais kurde j'aurai une petite envie de le mettre dans le kebab des Turcs. Le rouge du croissant Algerien symbolise le sang des martyrs... Si c'est pareil ici ca doit en faire un paquet... a moins justement que ca soit celui des victimes (kurdes et armeniennes par exemple...) des camps adverses...moins cher...
Donc on emmene nos deux stoppeurs tout etonnes d'etre pris par des Francais qu'ils pensaient etre des manouches vu la tronche de la voiture. Le point negatif c'est que la langue anglaise coure moins les bouches des gens d'ici que celle des Grecs. C'est pas grave, demandons comment on dit bonjour ? meroba, ok, ca ca va, et merci ? tessetur ederim...Ah ok...on peut dire merci aussi? Ah ba c'est bien ca c'est pas mal merci, et puis ca fait plus...comment dire...exotique non?
On arrive a Istanbul, le probleme est de savoir quand ca a commence et quand est-ce que ca va finir. Au debut ca a l'air gros, normal. La ville s'etale jusqu'en haut de la colline la bas...et puis on arrive en haut de la colline...ha non, en fait ca continue derriere la colline jusqu'a la bas derriere le petit bout de mer qui separe l'Orient de l'Occident jusqu'en haut de l'autre colline tout la-bas...bon on depose les autostoppeurs a karakoy. Ils nous amenent jusqu'a un cyber cafe pour qu'on chope l'adresse de notre hote qu'on se demande vraiment si ca va etre possible de le trouver dans cette ville qui fait la taille d'une planete. D'ailleurs, elle est a peu pres a l'echelle (la ville) du drapeau de la frontiere.
Bon en fait, c'est pas trop complique, il suffit de demander a quequ'un qui parle aucunes des 4 langues qu'on parle a nous deux, et que je parle a moi tout tout seul d'ailleurs{francais, anglais, espagnol et breton, [mais y'en a pas beaucoup par ici(pourtant je pensais que les kurdes, par solidarite avec les peuples opprimes, prenaient tous des cours de breton...)]}, comment on fait pour aller a Kartal avec notre voiture.
Le premier n'a d'ailleurs pas compris qu'on avait une voiture, on a compris qu'il n'avait pas compris quand il a commence a nous parler de changement de bus etc, donc je mime la mercedes break blanche de 1981 pour faire comprendre ce que je dois faire comprendre quand une autre personne intervient pour nous reexpliquer quel bus faut prendre pour aller a Kartal. Rebelotte...mais enfin, deux jeunes arrivent et nous disent a peu pres ca : _"Can we help you, we speak a bit of english?"
Et nous qu'on repond a peu pres ca : _"Yes of course maie frend, oui want tou go tou kartal wiss oure car can you tell mi zeu direkchione tou tayke?"
Voila, on prend l'autoroute, on arrive au dernier peage en se demandant si on a pas loupe la sortie sachant que ca fait une demie heure qu'on roule (tout droit, c'est meme pas un perif'...) et puis ca ressemble de moins en moins a la ville, mais comme de toute facon on peut pas faire demi-tour on continue [J'ommet de dire que j'engueule Yona assez regulierement car elle ne sait pas lire une carte et en plus elle oublie de la regarder ne serait-ce que 10 seconde avant les bifurcations...J'ommet aussi de dire aussi, (on sait jamais des fois qu'elle lise ce que j'ecris) que je ne serai peut etre pas meilleur a sa place...mais dans ce cas je l'engueulerai parce qu'elle ne sait pas lire les panneaux...Eh!] et en fait c'est la prochaine sortie.
Kartal c'est a peu pres grand comme bourg-st maurice pour les Savoyards, grand comme st-malo pour les gens normaux et les parisiens n'ont qu'a se demerder...
Bref, je me retrouve enferme dans une piece entoure par des bonhomme avec un flingue a la ceinture que je me demande si il m'aident ou si il me prennent pour leur tete de turc. Ca fait p'tet bien une demi-heure que Yona est toute seule dans la voiture pendant que je suis alle cherche quelqu'un qui peut bien parler anglais dans ce bled. Je sais pas se qui m'a pris de demander a un flic mais je ne recommancerai pas...En fait, ils ont telephonne a Gokce en lui demandant si il attendait des gens, il a dit oui et ils lui ont suggere de se rendre au commissariat pour recuperer ses surfeurs de canape (de couch-surfing qui veut dire canape-surf, encore pour ceux qui sont des breles en anglais).Et enfin un grand bonhomme tout maigre avec une tete d'adolescent attarde vient a ma rencontre dans le commissariat ou je fais la conversation en anglais avec je sais pas qui qui me parle dans le combine qu'on m'a tendu pour tuer le tps. On retrouve Yona 5 min apres qui commencait a s'inquieter pas mal...mais elle se demande bien comment j'ai fait pour revenir avec notre hote.
Voila,on a trois ou 4 jours devant nous avant que Sadek arrive, Gokce est parfait, on se sent super a l'aise chez lui (chez sa mere en fait mais elle n'est la que le w.e.) et on se comprend tres vite, on a vraiment l'impression d'etre sur la meme longueur d'onde, on a meme le droit de dire Kurdistan chez lui (pour un turc normal faut dire l'est de la Turquie...c'est pas des conneries) et en plus il a a peut pres 3000 films en dvx...dommage qu'on reste pas plus longtemps. Le temps passe vite en attendant Sadek, glandage dans la ville, soiree dans les bars du centre un peu de consomation et des achats pour les velos. On passe pas mal de temps aussi a chercher La paire de chaussures de mes reves (car celles que j'ai au pieds en ce moment montrent des signes de fatigue qui ne trompent pas.) sans resultat.
Enfin, on a recupere Sadek a 6h du mat le 3 Juin apres de longues conversations sur internet entre ma soeur et moi et Sadek pour savoir dans quel aeroport, a quelle heure et surtout quel jour il arrive...Sachant que Giulia et moi sommes assez nul pour l'organisation et que Sadek n'est pas un pro de l'email, c'etait pas gagne. On s'etait donne rendez-vous au terminus d'un car partant de l'aeroport pas trop loin de la ou on a trouve un hebergement pour la nuit, encore grace au couch-surfing. C'est un drole de sentiment de se retrouver au milieu d'une ville de 15 millions d'habitants inconnue de l'un (Sadek) et des autres (moi et Yona), mais tant que le rdv est precis et les gens fiables, ca marche. Et sans portable c'est encore meilleur, profitons en pour exprimer l'ennui profond que ca me cause de ne pas pouvoir dans la vie de tout les jours d'en faire autant sans qu'on soit oblige de s'appeler toutes les 5 minutes pour dire ou on est et, au passage, faire gagner des millions a nos frais a des operateurs de telephone peu scrupuleux sur la justesse de leur tarifs.
Encore une nuit chez Gokce le tps que Sadek reprenne ses forces et c'est reparti.Snif!
Ciao our friend and see you in France maybe.
Nolig.
15 juin 2008
Nouvelles recrue ; D'Istanbul a la frontiere Georgienne
C'est reparti!
A un rythme plus soutenu cette fois car les amoureux ne supportent de moins en moins, plus on s'approche de leur point de rencontre, d'etre separes.
On a hesite a partir ensemble, avec Sadek, justement a cause de cette histoire d'etre presse ou pas. Yona et moi, on a pas envie de se priver de notre liberte. On est quand meme pres a faire un compromis, quelque part, l'idee de faire un bout a 3 ne nous deplais pas completement, et Sadek est tente par l'aventure du voyage en voiture. Et puis le fait de se debrouiller tout seul a prendre le car jusqu'a Yerevan dans des modes d'expressions plus que douteux ne l'enchante pas trop non plus (il ne parle pas anglais mais arabe et francais).
On decide de partir vers le Nord de la turquie pour longer la mer noire car sur la carte il y a une route qui passe par la et elle est surement plus jolie que celle qui passe par le milieu du pays. Le probleme c'est que plus on s'approche de la cote, plus la route est mauvaise et au bout du compte, on la trouve meme pas celle qu'on cherche. Apres avoir fait une grande boucle pour rien on decide de repartir vers la route qui parait la plus logique pour arriver avant le mois prochain...Resultat : plus ou moins 100 bornes sur de la route qui use les silent blocs deja archis-uses, de la fatigue et du gasoil pour rien.
Premiere nuit. Sadek, tres organise, n'a pas de tente ni meme de sac de couchage...on lui prete un des deux notres sachant qu'a deux on se tient chaud et puis on sort la tente de la malle qu'est sur le toit. Toute la nuit, les chiens aboient sans arret nous laissant assez peu de repit pour dormir.
Le lendemain, c'est reparti, j'essaie de rattraper le retard qu'on a pris en m'arretant le moins possible et en roulant a une bonne allure selon les capacites de la voiture et de ce que la route nous permet mais c'est quand meme vachement mieux que ce qu'on a vu avant et je roule presque tout le temps a 100 km/h. Un truc me derange, la voiture a tendance a brouter depuis qu'on est partis d'Istanbul dans les cotes et les accelerations un peu comme a l'approche d'une panne d'essence...a midi, on demonte le filtre a air et on le nettoie, il est completement degueu, ca vient peut etre de la...reste a voir le filtre a gasoil mais ca sert a rien de le demonter tant qu'on en a pas un neuf. En fait, ca n'a rien change donc c'est bien le filtre a gasoil, je l'espere du moins...
Deuxieme nuit.
Le lendemain, premier petit accroc avec Sadek. On dort avec Yo quand un truc me reveille au milieu de mon reve, ca fait un moment que Sadek est leve et il toque a la fenetre pour nous faire part de son impatience. On est encore completement embrumes, j'ai pas trop bien dormi mais je fais un effort au bout d'un moment pour me lever en me disant que c'est vache de le laisser poireauter et en plus il doit etre tard car on se leve toujours assez tard. Et la je vois sur l'horloge de la voiture qu'il est 7h et que ca fait facile 1h que Sadek a toque a la fenetre. J'etait deja de mauvaise humeur du fait d'avoir ete reveille mais le fait que ca ne soit meme pas justifie, la moutarde monte, je sors et j'exprime aussi poliment et calmement que je peux ma mauvaise humeur a Sadek. J'explique que s'il me reveille tout les matins a 6h du mat on va pas etre copains...resultat, il s'en va faire un tour le tps que moi et Yona on se prepare. A son retour, une premiere discussion s'amorce, l'affaire se tasse.
A midi on fait le plein de gazouze et on change le filtre a gasoil dans un petit garage, a l'occasion, Sadek trouve deux/trois personnes avec qui parler en rebeu, c'est marrant, y'a toujours l'occasion de parler n'importe quelles langues n'importe ou...en meme temps, c'est pas completement un hasard sachant que tout le monde ici est musulman, et qui dit musulman dis quelqu'un qui parle rebeu. En tout cas, le filtre change, la voiture repart comme si elle etait neuve...ca soulage. Toujours pas de gros problemes pour le moment.
La route est vraiment tres bonne et le paysage defile comme j'aime, je conduis des heures d'affile, je ne fait plus q'un avec la voiture. Je laisse le volant une petite fois a Sadek, pour voir, mais je ne suis pas tranquille, sa conduite un peu brusque a mon gout et les depassements a l'arrache ne me mettent pas du tout en confiance, je crois qu'il me comprend, peut etre a cause du bruit de mes dent qui couvre celui du moteur, celui du crissement de mes deux fesses qui menacent de cicatriser ou bien les quelques petites remarques repetees tres desagreables quand on les subit genre : "...pas la peine de retrograder la pour doubler..." ou bien "...si tu continue a fond de troisieme on va faire des pleins toutes les 5 minutes...;...c'est super chaud ton depassement la, tu trouves pas?...gaffes les trous sur la route putain!.." etc...resultat, j'ai plus jamais lache le volant et on ne me l'a jamais demande non plus.
Quelques pics-nics, cigarettes, cocas-citrons et pauses pipis plus tard, nous voici a la frontiere georgienne, precedees d'une file de camions longue d'a peu pres un km. On est arrives bien plus vite qu'on ne le pensais mais on savais pas ce qui nous attendait apres...
Sadek etant ne a kouba, un quartier d'Alger, un douanier comique ne manque pas de lui demander si il est de la havane...bonne blague.



