RIEN N'EST MOINS SUR

"Aussi longtemps qu'il existe un endroit ou il y a de l'air, du soleil et de l'herbe, on doit avoir regret de ne point y être. Surtout quand on est jeune" -Vian-

14 juin 2008

Istanbul 2

  Meroba! (bonjour! en turc)
  Toujours a Istanbul,
Apres ce magnifique prologue tout en poesie, revenons a nos aventures. Notre mission premiere etant quand meme de recuperer Sadek (le mari algerien de ma soeur bretonne...) ,qui n'a jamais voyage et qui debarque dans une ville de 15 millions d'habitants sans parler ni turc ni anglais...voila. Donc on a cherche, en arrivant en Turquie quelqu'un sur le site de couch-surfing qui voulais bien de nous et on s'est rendu le lendemain a Istanbul direction chez gokce (prononcez : Gokche), son profil annoncant qu'il aime ne rien faire nous convient particulierement bien...

Que dire..? Deja, Le Turc moyen nous parait beaucoup plus aimable et serviable que le peuple d'avant la frontiere. D'ailleurs, pour se mettre dans le bain on en prend 2 en stop le lendemain de notre premier jour en Turquie, premier jour qui fut salue par un grand drapeau rouge orne d'un croissant et d'une etoile blancs de la taille d'un terrain de foot (non j'exagere pas...) flottant fierement dans le ciel des la frontiere...si j'etais kurde j'aurai une petite envie de le mettre dans le kebab des Turcs. Le rouge du croissant Algerien symbolise le sang des martyrs... Si c'est pareil ici ca doit en faire un paquet... a moins justement que ca soit celui des victimes (kurdes et armeniennes par exemple...) des camps adverses...moins cher...
Donc on emmene nos deux stoppeurs tout etonnes d'etre pris par des Francais qu'ils pensaient etre des manouches vu la tronche de la voiture. Le point negatif c'est que la langue anglaise coure moins les bouches des gens d'ici que celle des Grecs. C'est pas grave, demandons comment on dit bonjour ? meroba, ok, ca ca va, et merci ? tessetur ederim...Ah ok...on peut dire merci aussi? Ah ba c'est bien ca c'est pas mal merci, et puis ca fait plus...comment dire...exotique non?
On arrive a Istanbul, le probleme est de savoir quand ca a commence et quand est-ce que ca va finir. Au debut ca a l'air gros, normal. La ville s'etale jusqu'en haut de la colline la bas...et puis on arrive en haut de la colline...ha non, en fait ca continue derriere la colline jusqu'a la bas derriere le petit bout de mer qui separe l'Orient de l'Occident jusqu'en haut de l'autre colline tout la-bas...bon on depose les autostoppeurs a karakoy. Ils nous amenent jusqu'a un cyber cafe pour qu'on chope l'adresse de notre hote qu'on se demande vraiment si ca va etre possible de le trouver dans cette ville qui fait la taille d'une planete. D'ailleurs, elle est a peu pres a l'echelle (la ville) du drapeau de la frontiere.
Bon en fait, c'est pas trop complique, il suffit de demander a quequ'un qui parle aucunes des 4 langues qu'on parle a nous deux, et que je parle a moi tout tout seul d'ailleurs{francais, anglais, espagnol et breton, [mais y'en a pas beaucoup par ici(pourtant je pensais que les kurdes, par solidarite avec les peuples opprimes, prenaient tous des cours de breton...)]}, comment on fait pour aller a Kartal avec notre voiture.
Le premier n'a d'ailleurs pas compris qu'on avait une voiture, on a compris qu'il n'avait pas compris quand il a commence a nous parler de changement de bus etc, donc je mime la mercedes break blanche de 1981 pour faire comprendre ce que je dois faire comprendre quand une autre personne intervient pour nous reexpliquer quel bus faut prendre pour aller a Kartal. Rebelotte...mais enfin, deux jeunes arrivent et nous disent a peu pres ca : _"Can we help you, we speak a bit of english?"
Et nous qu'on repond a peu pres ca : _"Yes of course maie frend, oui want tou go tou kartal wiss oure car can you tell mi zeu direkchione tou tayke?"
Voila, on prend l'autoroute, on arrive au dernier peage en se demandant si on a pas loupe la sortie sachant que ca fait une demie heure qu'on roule (tout droit, c'est meme pas un perif'...) et puis ca ressemble de moins en moins a la ville, mais comme de toute facon on peut pas faire demi-tour on continue [J'ommet de dire que j'engueule Yona assez regulierement car elle ne sait pas lire une carte et en plus elle oublie de la regarder ne serait-ce que 10 seconde avant les bifurcations...J'ommet aussi de dire aussi, (on sait jamais des fois qu'elle lise ce que j'ecris) que je ne serai peut etre pas meilleur a sa place...mais dans ce cas je l'engueulerai parce qu'elle ne sait pas lire les panneaux...Eh!] et en fait c'est la prochaine sortie.
Kartal c'est a peu pres grand comme bourg-st maurice pour les Savoyards, grand comme st-malo pour les gens normaux et les parisiens n'ont qu'a se demerder...
Bref, je me retrouve enferme dans une piece entoure par des bonhomme avec un flingue a la ceinture que je me demande si il m'aident ou si il me prennent pour leur tete de turc. Ca fait p'tet bien une demi-heure que Yona est toute seule dans la voiture pendant que je suis alle cherche quelqu'un qui peut bien parler anglais dans ce bled. Je sais pas se qui m'a pris de demander a un flic mais je ne recommancerai pas...En fait, ils ont telephonne a Gokce en lui demandant si il attendait des gens, il a dit oui et ils lui ont suggere de se rendre au commissariat pour recuperer ses surfeurs de canape (de couch-surfing qui veut dire canape-surf, encore pour ceux qui sont des breles en anglais).Et enfin un grand bonhomme tout maigre avec une tete d'adolescent attarde vient a ma rencontre dans le commissariat ou je fais la conversation en anglais avec je sais pas qui qui me parle dans le combine qu'on m'a tendu pour tuer le tps. On retrouve Yona 5 min apres qui commencait a s'inquieter pas mal...mais elle se demande bien comment j'ai fait pour revenir avec notre hote.

Voila,on a trois ou 4 jours devant nous avant que Sadek arrive, Gokce est parfait, on se sent super a l'aise chez lui (chez sa mere en fait mais elle n'est la que le w.e.) et on se comprend tres vite, on a vraiment l'impression d'etre sur la meme longueur d'onde, on a meme le droit de dire Kurdistan chez lui (pour un turc normal faut dire l'est de la Turquie...c'est pas des conneries) et en plus il a a peut pres 3000 films en dvx...dommage qu'on reste pas plus longtemps. Le temps passe vite en attendant Sadek, glandage dans la ville, soiree dans les bars du centre un peu de consomation et des achats pour les velos. On passe pas mal de temps aussi a chercher La paire de chaussures de mes reves (car celles que j'ai au pieds en ce moment montrent des signes de fatigue qui ne trompent pas.) sans resultat.

Enfin, on a recupere Sadek a 6h du mat le 3 Juin apres de longues conversations sur internet entre ma soeur et moi et Sadek pour savoir dans quel aeroport, a quelle heure et surtout quel jour il arrive...Sachant que Giulia et moi sommes assez nul pour l'organisation et que Sadek n'est pas un pro de l'email, c'etait pas gagne. On s'etait donne rendez-vous au terminus d'un car partant de l'aeroport pas trop loin de la ou on a trouve un hebergement pour la nuit, encore grace au couch-surfing. C'est un drole de sentiment de se retrouver au milieu d'une ville de 15 millions d'habitants inconnue de l'un (Sadek) et des autres (moi et Yona), mais tant que le rdv est precis et les gens fiables, ca marche. Et sans portable c'est encore meilleur, profitons en pour exprimer l'ennui profond que ca me cause de ne pas pouvoir dans la vie de tout les jours d'en faire autant sans qu'on soit oblige de s'appeler toutes les 5 minutes pour dire ou on est et, au passage, faire gagner des millions a nos frais a des operateurs de telephone peu scrupuleux sur la justesse de leur tarifs.

Encore une nuit chez Gokce le tps que Sadek reprenne ses forces et c'est reparti.Snif!
Ciao our friend and see you in France maybe.

Nolig.

Posté par yonalaso à 10:33 - Voyage en Arménie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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