15 juin 2008
Nouvelles recrue ; D'Istanbul a la frontiere Georgienne
C'est reparti!
A un rythme plus soutenu cette fois car les amoureux ne supportent de moins en moins, plus on s'approche de leur point de rencontre, d'etre separes.
On a hesite a partir ensemble, avec Sadek, justement a cause de cette histoire d'etre presse ou pas. Yona et moi, on a pas envie de se priver de notre liberte. On est quand meme pres a faire un compromis, quelque part, l'idee de faire un bout a 3 ne nous deplais pas completement, et Sadek est tente par l'aventure du voyage en voiture. Et puis le fait de se debrouiller tout seul a prendre le car jusqu'a Yerevan dans des modes d'expressions plus que douteux ne l'enchante pas trop non plus (il ne parle pas anglais mais arabe et francais).
On decide de partir vers le Nord de la turquie pour longer la mer noire car sur la carte il y a une route qui passe par la et elle est surement plus jolie que celle qui passe par le milieu du pays. Le probleme c'est que plus on s'approche de la cote, plus la route est mauvaise et au bout du compte, on la trouve meme pas celle qu'on cherche. Apres avoir fait une grande boucle pour rien on decide de repartir vers la route qui parait la plus logique pour arriver avant le mois prochain...Resultat : plus ou moins 100 bornes sur de la route qui use les silent blocs deja archis-uses, de la fatigue et du gasoil pour rien.
Premiere nuit. Sadek, tres organise, n'a pas de tente ni meme de sac de couchage...on lui prete un des deux notres sachant qu'a deux on se tient chaud et puis on sort la tente de la malle qu'est sur le toit. Toute la nuit, les chiens aboient sans arret nous laissant assez peu de repit pour dormir.
Le lendemain, c'est reparti, j'essaie de rattraper le retard qu'on a pris en m'arretant le moins possible et en roulant a une bonne allure selon les capacites de la voiture et de ce que la route nous permet mais c'est quand meme vachement mieux que ce qu'on a vu avant et je roule presque tout le temps a 100 km/h. Un truc me derange, la voiture a tendance a brouter depuis qu'on est partis d'Istanbul dans les cotes et les accelerations un peu comme a l'approche d'une panne d'essence...a midi, on demonte le filtre a air et on le nettoie, il est completement degueu, ca vient peut etre de la...reste a voir le filtre a gasoil mais ca sert a rien de le demonter tant qu'on en a pas un neuf. En fait, ca n'a rien change donc c'est bien le filtre a gasoil, je l'espere du moins...
Deuxieme nuit.
Le lendemain, premier petit accroc avec Sadek. On dort avec Yo quand un truc me reveille au milieu de mon reve, ca fait un moment que Sadek est leve et il toque a la fenetre pour nous faire part de son impatience. On est encore completement embrumes, j'ai pas trop bien dormi mais je fais un effort au bout d'un moment pour me lever en me disant que c'est vache de le laisser poireauter et en plus il doit etre tard car on se leve toujours assez tard. Et la je vois sur l'horloge de la voiture qu'il est 7h et que ca fait facile 1h que Sadek a toque a la fenetre. J'etait deja de mauvaise humeur du fait d'avoir ete reveille mais le fait que ca ne soit meme pas justifie, la moutarde monte, je sors et j'exprime aussi poliment et calmement que je peux ma mauvaise humeur a Sadek. J'explique que s'il me reveille tout les matins a 6h du mat on va pas etre copains...resultat, il s'en va faire un tour le tps que moi et Yona on se prepare. A son retour, une premiere discussion s'amorce, l'affaire se tasse.
A midi on fait le plein de gazouze et on change le filtre a gasoil dans un petit garage, a l'occasion, Sadek trouve deux/trois personnes avec qui parler en rebeu, c'est marrant, y'a toujours l'occasion de parler n'importe quelles langues n'importe ou...en meme temps, c'est pas completement un hasard sachant que tout le monde ici est musulman, et qui dit musulman dis quelqu'un qui parle rebeu. En tout cas, le filtre change, la voiture repart comme si elle etait neuve...ca soulage. Toujours pas de gros problemes pour le moment.
La route est vraiment tres bonne et le paysage defile comme j'aime, je conduis des heures d'affile, je ne fait plus q'un avec la voiture. Je laisse le volant une petite fois a Sadek, pour voir, mais je ne suis pas tranquille, sa conduite un peu brusque a mon gout et les depassements a l'arrache ne me mettent pas du tout en confiance, je crois qu'il me comprend, peut etre a cause du bruit de mes dent qui couvre celui du moteur, celui du crissement de mes deux fesses qui menacent de cicatriser ou bien les quelques petites remarques repetees tres desagreables quand on les subit genre : "...pas la peine de retrograder la pour doubler..." ou bien "...si tu continue a fond de troisieme on va faire des pleins toutes les 5 minutes...;...c'est super chaud ton depassement la, tu trouves pas?...gaffes les trous sur la route putain!.." etc...resultat, j'ai plus jamais lache le volant et on ne me l'a jamais demande non plus.
Quelques pics-nics, cigarettes, cocas-citrons et pauses pipis plus tard, nous voici a la frontiere georgienne, precedees d'une file de camions longue d'a peu pres un km. On est arrives bien plus vite qu'on ne le pensais mais on savais pas ce qui nous attendait apres...
Sadek etant ne a kouba, un quartier d'Alger, un douanier comique ne manque pas de lui demander si il est de la havane...bonne blague.
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