20 juin 2008
Caucase et Vodka
Nous voila donc, moi, Nolig et Sadek, sillonnant les routes Georgiennes. Nous avons traverse la frontiere entre la Turquie et la Georgie dans l'apres midi, et il faut commencer a chercher un endroit pour dormir. En plus la route ne va pas en s'arrangeant, les trous et les bosses se multiplient, et c'est fatiguant pour le seul et unique conducteur, expert en l'analyse des clouc-clouc de la vieille.
C'est bizarre d'etre en Georgie. Georgie, Georgie... D'un cote ca parait familier (ca ressemble a georges, pas vrai?), mais c'est surtout lointain et on aurait jamais eu l'idee d'y mettre les pieds si c'etait pas sur la route. C'est ou la georgie? Et ben tu vois, c'est au nord-est de la turquie, a l'ouest de l'Azerbaijan, au sud de la Russie, a l'Est de la mer noire et au Nord de l'Armenie. Tu vois ou pas?
Bref, il faut donc trouver un endroit pour camper ce soir. Apres consultation, on decide de s'arreter au milieu d'un petit village entre Batumi et Hahalcihe, et de demander au premier georgien si c'est un probleme de passer la nuit ici. Ca n'a pas l'air d'embeter le premier georgien : il sourit et nous parle de "doma" et nous fait signe pour qu'on le suive. Ca doit vouloir dire maison, "doma". On le suit, et la on est accueillis comme c'est impossible de se faire accueillir en France. Il y a deux familles qui habitent dans la maison qui doit dater de l'union sovietique, un des deux jeunes garcons parle un peu l'anglais ce qui nous permet de communiquer autrement que par des gestes. Aslan (le premier georgien), Auto et Beso (les deux garcons) nous font gouter a la biere georgienne, peu amere, pas mauvaise du tout. Le pere de l'autre famille, les femmes et les deux filles d'environ dix ans nous rejoignent sur la table en bois dans le jardin ou broutent trois vaches. Nous rejoint aussi la protagoniste la plus importante dans tout pays digne de l'union sovietique : la vodka. Elle etait artisanale, faisait 60 degres, et avait un gout d'alcool a bruler. Grace aux femmes, la table s'est remplie de tomates, de concombres, de pain, de galette au fromage, de yahourt liquide et j'en passe... Les hommes, eux, se contentaient de remplir les verres de vodka avec insistance. Certains en burent plus que d'autres, dans tous les cas le liquide sans couleur mais non sans consequences fit rapidement ses effets. Aslan proposa d'acheter la Mercedes pour 5000 dollars (on en reparlera demain), et apres que chacun ait chante une chanson dans sa langue (une en georgien, une en breton et une en arabe, mais pas en francais parce que je connais pas de chanson, meme pas la marseillaise), nos hotes nous entrainerent dans le salon ou la musique aidee par la vodka delia les jambes et les bras. Pour finir les femmes nous preparerent un lit, un pour Sadek dans une chambre a cote, et un pour nous en collant deux fauteuils et un canape. La je me dis que celui qui va dormir du cote des deux fauteuils colles, ou il y a par consequent un accoudoir au milieu, va passer une drole de nuit. Je me precipite innocemment du cote confortable. Nolig rentre dans le salon et s'avachi lourdement du cote des fauteuils coles et s'endort comme un bebe. Grace a quoi, je n'sais pas...
Le lendemain nos hotes sont toujours aussi enjoues, des le petit dejeuner les femmes nous gavent de confiture et de yahourt tout frais. Ils nous font ensuite evoluer dans le paysage, qu'on avait deja remarque la veille pour etre magnifique. Des montagnes verdoyantes et luxuriantes (un peu comme en Slovenie) avec d'un cote une cascade, de l'autre un pont qui a l'age notable de 1200 ans et qu'on sait pas trop par quel miracle il tient, mais il tient bel et bien. On passe ensuite au choses serieuses... Aslan veut toujours acheter notre vieille copine, plus pour 5000 dollars, d'accord, mais pour 1200... Nous ca nous interesse bigrement de la lui vendre, surtout qu'on est pas sur de pouvoir trouver un acheteur en Armenie. Alors la c'est rassemblement generale devant la maison, ils ont meme appele une bonne femme qui parle un peu mieu l'anglais pour des negociations plus serieuses. Il arrive a se renseigner pour la taxe a payer pour importer une voiture en Georgie (taxe qu'il devra payer en plus de l'achat de la voiture). La taxe s'eleve a 1700 dollars... alors on baisse notre prix a 1000 dollars. Aslan veut quand meme l'essayer, mais il se croit dans une porsche, alors que c'est une vieille Mercos de 1981 et que la route est pleine de trou. OOOllaaa dit Nolig, casse pas ma voiture, tu l'as pas encore achetee! En tout cas les mains se serrent, et marche conclu on revient dans quinze jours pour vendre la voiture, a condition que tous les papiers soient bien fait.
Il est temps de partir, mais on ne partira pas avant d'avoir mange, de toute facon on ne nous donne pas le choix. Bon cette fois on y va. Non non pas de vodka on y va !
Nous revoila donc sur la route qui est de plus en plus inquietante. Je precise que sur la carte, cette route est marquee d'une ligne rouge et epaisse ce qui signifie donc que c'est une route praticable, en asphalte, genre nationale. Nous nous rendimes vite compte qu'en georgie il ne fallait pas se fier a ce genre de codes stupides et inutiles. L'asphalte avait donc disparue depuis longtemps, et la route n'etait plus que trous de plus en plus profonds et cailloux de plus de plus gros. A un certains point (ou ne nous croisons quasiment plus que des 4x4) un ...4x4 s'arrete avec une francophone a l'interieur. Sadek discute avec elle et nous rapporte que la route n'est vraiment pas bonne jusqu'a la frontiere Armenienne. Mais vraiment pas bonne. Vu ce qu'on a passe, on se dit que ca peut pas etre pire. En observant le paysage autour, on constate qu'il y a pas mal de glissements de terrains, et que la Georgie doit etre dans une zone sismique. Notre moyenne de vitesse doit etre au alentours de 7km a l'heure, et Nolig ne passera pas la seconde pendant environ 40km. A chaque trou ou petite riviere qu'on traverse (parce qu'il s'est aussi mis a pleuvoir) on se dit que s'est surement le pire passage qu'on a passe. Le ventre de la vieille racle regulierement le sol. On passe enfin le col qui fait environ 3000 metres d'altitude. A un moment donne on ne sait plus tres bien si on est toujours sur la bonne route, il fait nuit et on ose pas trop s'arreter de peur d'assister a un glissement de terrain. On croise un enorme vehicule millitaire gare sur le bord et on s'arrete pour lui demander notre route. Nolig croit avoir vu un enorme canon sur le toit de la bete, et quand Sadek sort pour parler au conducteurs, ils lui balancent les phares un pleine figure et alument le moteur. Enfin c'est juste un hasard, c'est des gens normaux, il n'y a pas du tout de gros canon sur le toit, et oui nous sommes sur la bonne route, dailleurs ils s'appretaient a partir. On s'est arrete epuises a Ahalcihe, Sadek etait tres anxieux et tout le monde devenait de moins en moins agreable. On a dormi tous les trois dans la voiture, trop la flemme de sortir la tente sous la pluie.
Et on reprend encore la route, on dirait qu'on a passe les pires morceau mais c'est toujours pas l'asphalte. Aujourd'hui mon estomac n'est pas tres en forme, j'ai du manger quelque chose de pas clair. Les bleds dans lesquels on passe sont de plus en plus pauvres, on sent que depuis la fin de l'URSS tout n'a fait que s'empirer. Les poteaux electriques sont branlants, et quand des fils sont encore pendus entre les poteaux c'est un miracle. Les lignes de chemins de fers sont abandonnees depuis longtemps, et les batiments sont delabres et lugubres. On a le sentiment de traverser des villages fantomes, avec des habitants aux yeux vitreux et imbibes de vodka. On evolue sur un haut plateau, qui pourrait faire penser a une steppe mongole. Le ciel est bas, l'ambiance est lourde.
L'Etat de mon estomac ne va pas en s'arrangeant, il fait de plus en plus de loupings inquietants. Un peu apres Ahalkalaki, il n'en plus plus de faire le grand huit et me force a rejeter tout son contenu. Mais qu'est c'que j'fous la? J'veux des chiottes immacules, un lit douillet, que ma maman me prepare une bonne tisane... Une fois que Nolig a fini d'essayer de prendre en photo mes jets de vomi (quel lache!), lui et Sadek sont aux petits soins a m'amener de l'eau pour me nettoyer, ma brosse a dent, etc... Toute suite apres ca va mieux, je me force a manger et a boire pour contrer un nouvelle offensive qui ne tardera pas a arriver. beuh...
La frontiere avec l'Armenie est enfin atteinte. La douane georgienne vaut le detour : un vieu mobil home, des douaniers bedonnants eux aussi imbibes de vodka. Je cherche les toilettes, ouvre une porte au hasard et tombe sur un tas monstrueux de bouteilles vides. De quoi, je n'sais pas... Je vais attendre la prochaine douane pour les toilettes je crois. La douane Armenienne respire la modernite, et les douaniers armeniens sont plutot marrants. Il y en un meme un qui nous immite Charles Aznavour (pour ceux qui ne sont pas au courant, Charles Aznavour est armenien d'origine georgienne, et les Armeniens en sont fiers). La bohemeuh, la bohemeuh... Apres tout un tas de paperasse qui dure des heure, 60 dollars de visa pour chaque personne, 60 dollars pour que la voiture reste 15 jours en Armenie, nous quittons enfin les joviaux douaniers. Waouuuh, en Armenie les routes sont goudronnees...
Yona.
P.S. : pour les photos, il faudra patienter encore un peu. Desole pour les illetres.
03 juillet 2008
Armenie, Terminus et nouvelle ligne de depart
Voila, on y est. On doit rejoindre Giulia a Yerevan et on lui a dis qu'on arrivait ce soir ( Sadek lui a telephone et on est a 150km de la capitale). Mais voila meme si les routes sont en asphalte, c'est pas encore vraiment ca, et le seul et unique conducteur expert en l'analyse des clouc-clouc de la vieille (oui oui) est fatigue et effraye par d'eventuels trous dans la route qui surgiraient de l'obscurite (s'il avait su comment les georgiens traiteraient la voiture une fois achetee, il ne se serait pas fait autant de souci, mais n'anticipons pas trop sur la chronologie). C'est donc le lendemain qu'on a rendez vous avec Giulia a Yerevan. Rendez vous a midi a Cascade. A premiere vu les Armeniens on l'air plutot sympas, trois jeunes montent avec nous dans la voiture pour nous amener jusqu'au point de rendez vous. Il n'est pas encore midi alors on va prendre un cafe, que le bar man nous sert avec un petit verre d'eau. Sadek a l'air traumatise par les petit verres contenant un liquide transparent parce qu'en voyant ca il s'est exclame : NO!NO!NO VODKA!
Environ une demi heure plus tard, une petite bonne femme souriante aux cheveux delies, aux yeux maquilles et a la robe blanche et rouge se precipite sur nous. Je me dis que ca doit surement etre Giulia, et en effet elle ressemble pas mal aux photos que j'ai pu voir en Betagne. Aujourd'hui c'est le mariage d'une bretonne et d'un iranien en Armenie, des amis de Giulia. Alors vite vite il faut retrouve je ne sais pas trop qui pour aller je ne sais pas trop ou pour la ceremonie de mariage. Nous suivons le mouvement, dociles et fatigues du trajet. Je ne me souviens plus tres bien de la suite, trajets en ville, l'organisation de la fete du mariage (organisation un peu foireuse mais qui fini quand meme par etre efficace). Grande tablee d'une multitude de nationalites, volontaires ou etudiants. Je n'ai jamais ete en compagnie d'autant de nationalites differentes. Et la langue qui relie tout le monde, c'est l'anglais.
La fete se passe dans une sorte de residence universitaire, (qui a un petit air de famille avec mon ancien internat a Chambery) ou la plus part des etudiants sont iraniens ( C'est plus facile pour eux d'etudier en Armenie car il y a tres peu de places dans les universites İranienes et du coup sans pistons c'est pas la peine d'essayer). Une des filles nous prete sa chambre pour dormir en attendant la fin de la fete, et finalement elle nous laisse la toute la nuit. Nous, on fait pas les difficiles, on est epuises. Le lendemain matin on se fait inviter dans la chambre d'a cote pour le petit dej. Sympa les Iraniens, faut pas se fier a leur fou de chef d'etat dictateur.
On passe une journee plutot ennuyante, Yerevan n'est pas tres interessante. Nolig besoin de renouveller les passoires qu'il porte aux pieds, et il a vu la veille une paire de addidas super chouettes et pas tres cheres pour un europeen de France (cheres pour un armenien d'Armenie), mais impossible de retrouver la gallerie marchande souterraine ou on les a vues. Alors on s'assoie au pied de Cascade (un monument dans la ville), et fatigues on s'allonge sur une sorte de banc en marbre. Mais en Armenie c'est interdit de s'allonger sur les banc apparemment parce qu'un gardien de la securite viens nous demander de se remettre dans le sens de la marche. La liberte ici c'est pas encore ca. Le gouvernement et les administrations sont corrompues, l'election du dernier president a ete truquee, et lorsque les gens ont manifeste dans la rue, les forces millitaires on ete deployees.
Les filles n'ont (en majorite) absolument pas le droit d'avoir de relations avec des garçons et doivent garder leur virginite pour le mariage. Et, grand paradoxe, elles sont toutes ultra maquillees et s'habillent de maniere tres sexy. Et la consequence, c'est la grosse frustration masculine (mais bon, ça c'est pas nouveau, finalement c'est comme ça dans pas mal de pays) , du coup difficile pour les filles de se promener seule dans la rue le soir en ville. Et c'est pas des histoires pour faire peur aux enfants.
J'ai appris qu'en İran, pour ne pas attirer l'attention sur elles, les femmes n'ont meme pas le droit de courir dans la rue. C'est tellement absurde que ça me fais rigoler. Mais assez de drame, passons a la suite.
On a retrouve Giulia et Sadek en fin d'apres midi, et on a rendez vous avec un ami de Guilia, Gevorg, qu'elle a rencontre sur le site du couchsurfing, et qui va nous heberger pour une nuit. İl habite dans un quartier de Yerevan qui est entoure de murs (c'etait une sorte de quartier special pour je ne sais plus qui, a je ne sais plus quelle epoque). Chez lui c'est normal, sauf qu'il n'a l'eau courante que de 8h a 11h du matin parce que quelqu'un (on ne sait pas qui) en a decide ainsi. İl est marrant Gevorg, il nous raconte des annecdotes sur un autre chef d'etat dictateur fou, celui du Turkmenistan (celui d'avant, tout aussi fou que celui de maintenant). Ce dictateur donc, il imposait des lois comme ça, par exemple un jour il a decide qu'il etait obligatoire que tout le monde retire ses dents en or.
Gevorg va faire son service millitaire dans une semaine (en Armenie ça dure deux ans). Ca n'a pas trop l'air de le travailler (en surface en tout cas), il a l'air de tout prendre du bon cote. Meme le genocide armenien, il prend pas un air triste et solenel quand on en parle (il parait que c'est une habitude armenienne de prendre un air comme ça). C'est sa maman qui fait tout et nous qu'on fait rien.
Le lendemain on quitte Yerevan direction Yereghnadzor, la petite ville ou habite la famille armenienne de Giulia. Ses parents armeniens s'appellent Sona et Valodzia, ils ont une bonne situation et une belle maison au sommet de la ville avec une superbe vue sur des montagnes seches, vert-marron-orcre (comme sur la photo). On est bien accueillis, avec un bon diner en deux temps parce qu'il faut faire une pause au milieu pour rouler les dolmas (Sona n'aime pas faire ça). Alors on est tous les quatres (Sadek, Nolig, Giulia et moi) dans la cuisine a rouler les dolmas. A un moment donne Giulia nous dit que Sona est "etonne" que les garçons nous aident, elle avait juste dit Yona et Giulia. Sous le pretexte d'une cigarettes les deux garçons s'esquivent, et sous le pretexte cache que Sona n'avait en fait rien demande aux hommes ils ne reviennent pas rouler des dolmas. Pfeu! Bande de machos refoules.
Yona.
8 pieds, 4 personnes, 3 sacs de couchage.
Nos journees a Yereghnadzor ne sont pas exceptionellement actives. On glande et c'est tres bien comme ça, de toute façon avec la chaleure qu'il fait, impossible de faire quoi que ce soit. Alors on sort en ville en fin d'apres midi pour aller boire des coups et grignoter des petites choses. Tout ça ne coute vraiment vraiment pas cher. La vie en general ne coute pas cher pour un salaire français. Par contre si on se met a analyse les prix en tenant compte du salaire moyen d'un armenien (100 euros par mois), on arrete toute suite de penser que la vie n'est pas chere en Armenie.
Bref, ce petit rythme convient a tout le monde a peu pres, sauf Sadek qui a l'air de peter un plomb a force de ne rien faire.
Se prepare finalement une excursion a "Tatev". On nous a vivement conseille cet endroit pour sa beaute, alors pourquoi pas. İl y a la-bas une source aux denrees bienfaisantes, un monastere perche sur la montagne, et un "secret place" au niveau de la source, que nous a devoile Gevorg (il nous a meme montrer la photo dans un magazine touristique héhé).
Le jour du depart on fait un saut au centre de jeunesse ou travaille Giulia pour boire un coup et faire causer un peu ses eleves qui apprennent le français. Ses collegues armeniennes parlent le russe et on decide d'en profiter pour telephonner le futur acheteur de notre voiture pour etre sur qu'il en veut toujours (Si tu parles Russe tu peux comuniquer avec quasi tous les habitants de l'ex URSS). C'est pas une mince affaire de reussir a telephoner en Georgie... Le numero qu'on nous a donne ne contient pas le code du pays pour appeler depuis l'etranger. Les filles se plient en quatre, en huit, en seize et au bout de plusieurs heures parviennent a joindre notre correspondant georgien. Oui oui il veut toujours acheter la voiture, et comment! Ouf, on est soulages, on est quasi surs de se debarasser d'elle en Georgie. Merci les filles de votre efficacite.
On peut -enfin- decoller pour notre petite excursion. Notons qu'il est 5 heure de l'apres midi. Nous nous dirigeons vers la route qui nous conduira a Tatev pour tendre le pouce. Au bout de quelques secondes une marchroutka (a prononce en roulant les "R" pour un petit exercice de diction), dont le terminus est a une 20aine de kilometres plus loin. Bon ça nous avance un peu et puis c'est pas cher la marchroutka pour nous. On fera du stop apres. On descend et on retend le pouce. Quelques secondes plus tard un monsieur avec une voiture blanche s'arrete et nous propose de nous deposer a 7 kilometres de Tatev pour tel prix, qui n'est vraiment pas cher nous dis Giulia. Apres un "non" categorique de Nolig, quelques blablatages en armenien entre Giulia et le conducteur, quelques blablatages en français entre nous, on craque. C'est vrai que c'est vraiment tentant, pas cher et les 7 kilometres qu'ils reste on peut les finir a pied. Pendant le trajet le conduteur veut nous alpaguer pour le retour, ils nous invite chez lui et nous dis qu'ils nous ramenera a Yereghnadzor dans deux jours. Pour Giulia qui parle plutot bien l'armenien, c'est quand meme un peu difficile de comprendre les subtilites de l'Armenien qui veut te rouler dans la farine ou pas. Celui la, elle le sent moyen mais il a quand meme l'air gentil. Au bout d'autre blablatages en armenien elle parvient a comprendre que l'invitation chez lui est gratuite (on etait pas trop surs) et que la ou il habite c'est pas du tout a cote de Tatev (contrairement a ce qu'on avait compris en premier). Par contre c'est au niveau de la frontiere avec l'İran et ça, c'est aussi tres tentant. Mais on fini par se tenir a notre premiere destination et il nous depose donc a la bifurcation qui mene a Tatev. Oui Oui, Tatev c'est a 7 kilometres dans cette direction.
On a tous un peu faim et justement il y a une sorte de restaurant juste la. Au menu (attendu en se rongeant les ongles?) : c'holovatz de porc (et pas de viande d'agneau, malheureusement pour Sadek, parce qu'elle a l'air serieusement avariee), tomates, concombres, et herbes (persil, coriandre, menthe, ...) que les armeniens mangent tel quel, ou plutot broutent tel quel. Les c'holovatz (on prononce le "c'h" comme le "j" espagnol) sont des sortes de brochettes de viande cuites au barbecue, et qui se mangent ici pour n'importe quelle occasion. Nous expliquons que nous voulons aller a pied a Tatev. A pied? Mais Tatev est a 27 kilometres d'ici! Comment ça 27 kilometres? 7 kilometres vous voulez dire? Non, non, 27 kilometres...
On continue notre route a pied, dans la nuit malgre qu'on nous aie mis en garde quant aux loups pour nous convaincre de prendre le taxi. On leur a explique que nous, les loups, on en faisait des c'holovatz. Sadek a l'air tres anxieux, le manque d'organisation de notre petite excursion le rend nerveux, en plus il n'a pas de sac de couchage et on a pas vraiment prevu de dormir a l'hotel. L'ambiance generale est donc agrementee d'une lergere tension.
Le plan est de rejoindre le prochain village a pied, a environ 8 kilometres et de dormir dans l'eglise. Et donc, apres 8 kilometres et quelques chansons, nous rencontrons un homme et son fils a cheval. Giulia lui demande en armenien ou se trouve l'eglise, mais l'homme nous invite chez lui. On fait un peu les timides, mais on a tot fait d'accepter la proposition. Leur maison est tres pauvre, il n'y a pas d'eau courante du tout, ça sent le foin et le lait caille. La famille est composee de deux garçons (celui a cheval et un qui se fait virer du lit quand on arrive), et d'une petite fille qui dort a poings fermes dans le lit sur lequel on est assises Giulia et moi. Et on peut expliquer en armenien en français ou en chinois qu'on a deja mange et qu'on a pas faim, la table se remplis de fromage, tomates, concombres, frites, muraba (sorte de confiture avec les fruits entiers et tres sucree)... La femme court dans tous les sens et nous repete regulierement qu'il faut qu'on mange. Les petits verres sortent du placard et se remplissent de liquide transparent (cette fois c'est pas de l'eau). Longue vie a la famille, longue vie a nous, longue vie vous. En armenie comme en georgie chaque verre de vodka s'accompagne d'un plus ou moins long discours.
C'est dur de ne pas se sentir mal a l'aise face a leur pauvrete, et on a bien fait de manger avant, comme ca on avale pas tout comme des gloutons. La petite fille emerge de son sommeil et nous fixe avec des yeux en perles qu'elle prend soin de detourner des qu'on la regarde. Elle fini par sortir du lit toute habillee de sa petite jupe et d'un gros epis sur la tete. Ses parent rigolent. Elle empoigne sa brosse, sort en courant toute rouge et revient avec un epis aplati. İls nous montrent des photos d'une vieille dame anglaise avec qui ils correspondent et qui doit leur envoyer des dons. On echange nos adresses, la femme nous donne de l'eau chaude pour qu'on se lave les pieds, et hop, au lit. On repart le lendemain apres un petit dejeuner bien copieux et le coeur gonfle.
Yona.
source d'ivresse, monastere et eau dans le gaz.
Apres quelques metres en direction du centre du village, c'est un monsieur en Lada Niva qui propose de nous amener jusqu'a la fameuse source pour pas cher (juste le prix du carburant). Decidement, ils se sont tous ligues pour nous empecher de faire su stop.
Un peu moins de 20 kilometres plus tard, on se balade un peu de ci de la, on observe le pont naturel avec les stalactites en dessous, on regarde le joli paysage, la source ou tout le monde se baigne et qui ne donne donc pas trop envie d'y aller. Mais ou se cache donc le "secret place" dont nous a parle Gevorg? İmpossible de le trouver, meme dans les mini grottes qui ont l'air de WC publiques Giulia ne trouve rien. Decourages on s'assoit en se disant que c'est pas aussi joli qu'on nous avait dit.
Sadek ne va pas mieux, il a fait un mauvais reve, il est encore plus angoisse. İl se met a part, se sent a part, et nous le mettons peut etre aussi un peu a part car nous avons quand meme envie d'essayer de profiter du moment. Nolig part tout seul a la recherche de cet endroit sercet et revient, oh joie, avec la bonne nouvelle. On avait deja mis le nez par la mais pas assez loin. Au passage on nous invite a participer a une sorte de reunion de famille (c'holovatz et vodka au rendez vous). Promis, on passe quand on revient.
Nous voila donc en train d'escalader un rocher dans le sens de la descente pour acceder a un petit coin au bord de la riviere, une petite oeuvre d'art naturelle non denue de quelques dechets, tout de meme. Nolig a huit ans et galope, saute de rocher en rocher, et meme qu'il se baigne tout nu dans un petit bassin formé par la source, qui s'ecoule ensuite dans la riviere (vous me direz qu'il n'y a pas besoin d'avoir huit ans pour se baigner tout nu, mais la il avait huit ans quand meme). L'ambiance reste tintee par l'angoisse de Sadek, il explique qu'il voudrait rentrer a Yereghnadzor et qu'il a besoin de telephoner. La situation est un peu compliquee et on a du mal a prendre une decision qui convient a tout le monde.
En attendant on va repondre a l'invitation donnee plus tot. Je me souvient de Giulia et Sadek en train de discuter derriere moi, de Nolig buvant de la biere, de la nourriture passee de main en main par les femmes, d'hommes aux yeux vitreux nous servant de la vodka, de moi buvant un peu et jetant le reste, de Nolig buvant beaucoup et cedant a la pression des hommes deja ivres, de Sadek telephonant en France grace au pret d'un telephonne et se sentant un peu mieux apres.
Un des hommes nous invite dans sa famille pour passer la nuit. Je crois que dabord on accepte, mais ils n'ont pas prevu de partir toute suite alors on decide d'aller se ballader un peu. Nolig est bourre et il est bete comme on est bete lorsqu'on a bu trop de vodka, en plus il pue d'la gueule. On commence a gravire la route en direction de Tatev (Tatev est le nom de village ou se trouve le monastere et la source avec l'endroit secret etaient sur la route qui nous y amene).
Apres quelques kilometres a pied, deux ladas remplies a craquer des hommes ronds comme des queues de pelles qu'on a rencontre a la source nous rejoingnent. Et ils veulent nous faire rentrer dans les voitures pour nous amener chez eux. Personellement je tiens trop a ma vie pour monter avec eux et en plus j'ai pas envie de me serrer contre des hommes suants et puants de vodka. On leur explique qu'on a envie de marcher jusqu'au monastere, ils nous prennent un peu pour des fous mais finissent par nous laisser tranquilles. Le chauffeur de la deuxieme voiture se sent oblige de demarrer bruyament en derrapant, et il rattrappe de justesse le virage qu'il a failli louper.
Une ou deux heures plus tard c'est ce meme chauffeur qui revient a notre rencontre et qui veut absolument nous amener jusqu'au monastere. Vu la maniere qu'il a d'accelere a mort sans avoir passer aucune vitesse, c'est meme pas la peine d'essayer de me faire monter. İl est ivre mais pas completement stupide parce qu'il accepte de ceder le volant a Nolig (qui lui aussi est un peu ivre, mais tout a fait conscient et maitre de ses gestes et en plus c'est un tres bon conducteur qui met en confiance et qui va prendre la grosse tete en corrigeant mes fautes). A 300 metres du monastere le proprietaire du vehicule veut reprendre le volant. Devant tout ses copains, quand meme, ça aurait ete trop la honte. İl s'arrete devant le monastere, ouvre une grille, nous demande de remonter (on etaient deja descendus) et il debarque comme un diable avec sa Lada hurlante avec nous dedans, en plein milieu du monastere. Les gens qui sont la n'ont pas l'air heureux du tout, surtout pas le cure. Et nous on sait pas trop ou se mettre dailleurs. Giulia se confond en excuses en armenien et nous on prend des mines penaudes pour l'accompagner. On a l'air pardonnes, par contre le bourré ils aimerait bien s'en debarrasser. Le bourré, il a dailleurs decide de tomber amoureux de Giulia, il est tres collant et Sadek il aime pas ça du tout. İl fini par s'en aller avec sa Lada, il accelere pendant au moins 5 secondes au point mort, se rend compte que la voiture ne bouge pas du tout, passe la marche arriere et s'en va.
On est enfin tranquilles, et on peu se ballader paisiblement autour du monastere. Le paysage est impressionnant, la construction est perchee en haut de la montagne et on a une vue plongeante et vertigineuse dans la vallee. On peu meme laisser pendre ses pieds ou mettre sa tete au bord du vide parce qu'il n'y pas de barrieres interdites a franchires. Un chant nous parvient de l'interieur de l'eglise et on decide d'aller voir. C'est le cure (grand, assez jeune, a la barbe et aux cheveux noirs) qui chante. On decide de rejoindre le groupe de touriste grecques armeniens (les armeniens ont une grande diaspora en Europe et aux Etats Unis) qui ecoute a l'interieur de l'eglise. Les femmes on mis sur leur tete une sorte de foulard dentele blanc qu'elles ont pris a l'entree. On fait de meme avec Giulia et on s'approche. Le cure fini sont chant et tout le monde dit une priere, se signe et amen. Heu... regards genes entre nous. On peut sortir?
İl y a un restaurant pas loin et nous, on a faim. On pense dormir a la belle etoile a cote ou dans le monastere. Idee qui reste problematique parce que le quatrieme sac de couchage qu'il nous faudrait n'est toujours pas apparu comme par magie. On mange la meme chose que d'habitude, c'est a dire des c'holovatz, du fromage, des concombres, des tomates, et des herbes, on a pas le choix, de toute façon c'est partout pareil. Les gerantes du restaurant sont sympa, c'est mere et fille, et la fille a un sacre caractere. Elle nous dit qu'il y a des chambres a louer dans le village. Ca nous embete un peu de payer pour dormir, mais pour Sadek il n'y a pas trop le choix. On se dit que moi et Nolig on dort dehors, et Sadek et Giulia ils louent une chambre. La fille nous laisse entendre que ceux qui dorment dehors pourront rentrer dedans apres personne ne s'en rendra compte. L'idee ne plait pas trop a sa mere, mais la fille prend plaisir a se donner en spectacle en lui rabbatant le caquet. Finalement c'est un bon prix qui est conclu pour qu'on dorme tous les quatres dans la meme chambre. L'etre humain est faible, il cede facilement au confort. N'empeche que quand on nous donne ça (dis-je en montrant mon doigt, on veut toujours avoir ça (dis-je en montrant mon bras), parce qu'on a decide qu'on voulait de l'intimite, et moi et Nolig on a defait les lits de la chambre ou on est pas du tout censes dormir. La dame nous amene le petit dej a 10 heures, on met donc le reveil a 9 heures pour tout ranger ni vu ni connu. Bien sur le reveil ne sonne pas a l'heure voulue et ne sonne d'ailleurs pas du tout. Quand la femme debarque a dix heures on arrive a refaire les lits discretement et precipitament mais pas parfaitement (je precise qu'on avait mis les matelas par-terre pour plus de confort). Elle ne se serait rendu compte de rien si Giulia (dis-je en te montrant du doigt) n'avait pas mis le tapis sur le lit en croyant que c'etait une couverture. Non mais vraiment! Du coup on a du payer un peu plus, et au lieu d'etre vraiment pas cher, c'etait juste pas cher. On est vraiment qu'une bande de malorganises.
Apres un petit dejeuner a la fois copieu et delicieux, nous voila repartis dans le sens du retour. Nous descendons la pente que nous avons gravi la veille. La petite tension est de nouveau la, pour les memes raisons. Les pouces ont beaux etre tendus devant les rares Ladas qui passent, toutes les voitures sont pleines et ne s'arretent pas. Petite pause en bas, au niveau de la source aux denrees bienfaisantes.
Nous gravissons a pied la pente que nous avons descendu la veille en Lada Niva. On voudrait bien que quelqu'un s'arrete, on guete les voitures qui descendent la pente d'en face et qui devraient bientot remonter de notre cote. Soit elles s'arretent en bas, soit elles sont toutes pleines. Moi ça me derrange pas trop finalement, meme si je suis de nature flemmarde et que je ne dirait pas non a une voiture qui s'arrete, j'apprecie cette petite marche dans la montagne. Je n'irai pas non plus m'aventurer dans un de ces sentiers a la destination inconnue et douteuse que Nolig voudrait essayer (je n'ai toujours pas bien compris si c'etait serieux ou pas d'ailleurs), mais sur la petite route, maintenant que le soleil est cache par les nuages, je me sent bien. C'est la que la tension accumulee depuis quelques jours finit par eclater. Sadek en a marre que personne ne nous prenne en stop. İl decide d'arreter un vehicule qui va dans la direction inverse de la notre pour demander au chauffeur s'il peut nous amener au village. Je crois qu'on trouve tous un peu absurde de demander a quelqu'un qui ne va pas dans notre direction de faire demi-tour pour nous, en tout cas Nolig qui contient son agacement depuis quelques temps le fait remarquer. Voila donc un conflit qui eclate, dicussions energiques auquelles je ne prend pas vraiment part et Sadek qui part tout seul a pied devant. Giulia le rejoint, et apres du blabla et des bisous entre eux, ils reviennent. La technique pourrait en effet consister a faire comme si tout allait changer d'un coup, mais les conflits interieurs et exterieurs ne s'arrangent pas sur une simple decision. Domage, moi aussi ça m'arrangerait bien que ça se passe comme ça.
Une Lada toute pourrie fini par s'arreter avec quatre garçons d'environ 16 ans. İls disent qu'ils peuvent prendre deux personnes. Fallait pas rever les gars, on va pas monter que toutes les deux avec vous. Sadek et Giulia montent, et nous on continue a pied. Comme pour illustrer l'evenement precedent, l'orage gronde et rebondit dans la vallee. Quelques gouttes s'ecrasent, l'odeur de terre seche nous chatouille les narines, et bientot une riviere de pluie court sur la route. On se refugie dans une sorte de petite station d'essence (cabane en beton avec des bidons remplis de carburant) ou deux hommes jouent au cartes en attendant une eclaircie. On grignotte quelques graines de tournesol trouvees au fond des poches d'un des hommes, la pluie se calme, on continue notre route, Sadek et Giulia doivent nous attendre au village. Un taxi s'arrete a la vue de notre pouce tendu. Cinquante metres plus loin, on croise un autre taxi... Stop! Stop! C'est Giulia et Sadek qui viennent a notre rencontre. Et nous revoila tous les quatre dans le meme vehicule et dans la bonne direction. On nous depose a l'embranchement de la route qui mene a Yereghnadzor (la ou il y a cette espece de petit restaurant avec la vieille dame qui avait peur qu'on se fasse manger par les loups). On tend notre pouce avec espoir. Un gros vehicule millitaire passe sans s'arreter, puis une marchroutka qui elle, s'arrete. Elle n'est pas en service, c'est vraiment du stop pour une fois. On file sur la route en marmottant le tube de l'annee armenien qui fait vibrer les enceintes de mini bus. A une petite station d'essence, c'est la pause cafe. A la meme table, les deux conducteur de la marchroutka, nous quatres, et bientot les deux millitaires qui ont ignore nos pouces. La pause cafe a tot fait de se transformer en pause vodka. Longue vie a tous les gentils, longue vie la famille, longue vie la France, longue vie l'Armenie. En route, et nouvel arret : la marchroutka doit tourner a droite, et nous on doit continuer tout droit. Le gros vehicule millitaire rejoint notre marchroutka arretee sur le bord. Et allez, hop, nouvelle pause vodka dans les gobelets en plastique, que nous renversons innocement mais que les millitaires boivent avec ardeur. İls nous proposent d'ailleurs de nous amener jusqu'a Yereghnadzor dans leur gros vehicule.
On sera derriere dans la caisse, il y a plus lumineux et plus confortable, il existe des chauffeurs plus sobres, mais on a pas envie de les vexer et Yereghnadzor n'est plus si loin. Par le petit bout de fenetre sur le cote on ne voit pas la route. Juste des bouts de paysage qui defilent au rythme des virages.
Terminus, tous le monde descend. On a faim. Si on allait au restaurant. Si on invitait Valodzia et Sona pour les remercier. İls ne repondent pas au telephone. Tant pis on y va quand meme. C'holovatz, tomates, concombres, herbes, etc... Vodka pour ces messieurs.
Apres autres c'holovatz de boeuf en l'honneur de l'anniversaire de Julia, (volontaire allemande, amie de Giulia), c'holovatz de poulet la veille de notre depart de Yereghnadzor, nous revoila repartis tous les trois : Nolig, la mercedes et moi. On reste une nuit a Yerevan histoire de poster des affaires qu'on ne portera pas sur les velos, et histoire que Nolig s'achete la paire d'addidas qu'il a repere (je n'fais pas d'pub). Maintenant l'eau ne rentre pas par dessous quand il marche dans une flaque.
Puis on se dirige en direction de Tbilisi, capitale de la Georgie. C'est le debut du retour.
Yona.
Gamarjoba Sakartvelo!
Au revoir Charles aznavour, bonjour tes parents. Tout le monde sait tres bien qu'il est Armenien (surtout en Armenie) et de parents georgiens (surtout en georgie).
Fini l'Armenie, maintenant notre mission est d'emmener la mercedes chez Aslan et elle nous emmene chez Aslan...c'est le deal. Pour etre plus clair, on s'emmene mutuellement...
Cette fois-ci, pas question de passer par ac'halkalaki et ac'halcic'he on tient a utiliser les vitesses qui suivent la premiere et on aimerai aussi que la mercos arrive en un morceau. Les silent blocs sont completement dead cette fois et ca fais clouc-clouc tres fort pour des petites bosses de rien du tout. N'ayant pas beaucoup d'experience dans le roulage de vieilles mercedes (et Yona non plus), je ne sais pas combien de tps ca peut tenir. Je m'attend a tout moment a ce que le train arriere parte dans un sens qui n'a pas ete choisi par le train avant. Meme si apres inspection du bazar chez Valodzia et Sona (les hotes Armeniens a Giulia) y'a peu de chances que ca parte comme ça. On a peur aussi que Aslan change d'avis pour la voiture et qu'on soit oblige de chercher un autre acquerreur. Et je me demande aussi tres fort si l'import d'une voiture de 81 n'est pas une grosse galere surtout en kartouli et je n'ai pas a 100% confiance en la rigueure d'Aslan. Car dans chaque pays ou on rentre, c'est bien specifie sur mon passeport que je suis chauffeur d'une voiture et on ne me laisserai pas sortir sans cette voiture. Ce qui me rassure un peu c'est que les 3/4 des voitures ici viennent de l'export donc ce dernier est possible.
Bref, ce depart est plein de suspense et on a vraiment hate de se debarrasser de miss mercedes.
Cette fois-ci, les gens a la frontiere sont particulierement desagreables, c'est un petit peu une tradition d'ailleur en Armenie, on sait jamais ou se presenter et quoi presenter. On nous demande aussi de payer 12 dollars de plus pour la voiture que ce qu'on a deja paye pour rentrer, c'est-a-dire 60 dollars pour 15 jours plus 50 dollars chacun pour les visas...ce qui fait en tout 172 usdoll soit 110 euros environs rien que pour mettre les pieds de l'autre cote d'une ligne qui n'existe meme pas. Y z'ont cas rester entre Armeniens dans leur pays moi je reviendrai pas! (meme pour rendre visite a ma soeur...) La georgie au moins c'est gratuit.
Passe la frontiere, a premiere vue, la route est Ok...ouf! Quelques km et on dort notre premiere nuit en georgie pour la deuxieme fois. D'ailleurs on dit pas Georgie en Georgien, on dit Sakartwelo...presque pareil...On a quand meme mis pas mal de temps a s'en rendre compte. Et la langue s'appelle le kartouli...on a mis beaucoup plus de temps a comprendre mais quand d'un coup ca vient ca fais du bien, on comprend enfin un mot qu'on entend tout le tps.
Dodo.
Reveil dans un paysage etrange, l'horizon s'etend au loin d'une plaine verdoyante jonchee d'arbres qui dans la semi-brume se transforment en d'innombrables formes aux contours incertains et qui se confondraient avec des constructions d'origine humaine. Des contrastes de vert et au fond, tout au fond, on apercoit une usine dont les chemines tentent, cette fois de se faire passer pour des arbres.
C'est reparti toujours sur de l'asphalte, parfait. En passant par ce cote la (Tbilissi) on rallonge peut etre la route de pas mals de km mais en temps c'est nettement plus court et reposant. En fait on a mis autant de jours mais j'ai conduit beaucoup moins d'heures par jour cette fois (7h d'affilee la derniere fois).
On a donc rendez-vous a Batumi chez le neveu d'Aslan : Jambuli. On sait pas ou c'est mais c'est ecrit sur un bout de papier qui a force de visiter les bas-fonds de mes poches devient de plus en plus leger. C'est comme la carte au tresor, arrive a Batumi il faut trouver quelqu'un qui baragouine assez d'anglais pour nous filer un coup de main pour trouver ou c'est. On est arrive lundi comme prevu (quel rigueur). Le temps de manger un truc et c'est parti pour demander des renseignements a tous les gens qui ont une tete qui nous revient. Et puis c'est un gentil marin (qui ne parle pas tellement anglais d'aileurs) avec un vrai uniforme de marin avec la vareuse et tout et tout qui fini par monter dans la voiture pour nous guider vers Angisa, le quartier ou habite Jambuli. Arrive la-bas, c'est pas une mince affaire de trouver la bonne maison. On nous envoie dans tout les sens et puis on telephone a beso le fils d'Aslan qui telephone a chais pa qui et puis au bout d'1 h de tournage en rond on finit par trouver et d'ailleurs on etait deja passe devant 2 fois...
Super accueil. Presentations : Papa Jambuli, Maman Marina, Fiston de 14 ans : Enri (photo), danseur bientot professionel de danse traditionnelle et la fille de 11 ans : Gouranda (photo), championne d'Adjara (la region dans laquelle on est) de judo. Je m'arrete a ceux qui dorment dans la maison quotidiennement car sinon la liste des cousins du frere de la soeur de la grand mere du tonton du fils de machintruc n'en finirai pas. En fait, ils sont tellement lies meme avec les cousins eloignes que si demain charles aznavour debarquais avec mickael jackson dans le salon pour trinquer a la sante des mamans de toute la Georgie avec un verre plein de vodka artisanale a 65 degres je ne m'etonnerai pas.
Sopo aussi est la, elle a fait une these en anglais, ce qui facilite la communication. On en profite donc pour parler un peu politique et histoire avec Jambuli et le voisin qui est la aussi. A notre grand etonnement, il pretendent regretter l'union sovietique, c'est completement contraire a ce que j'imagine et c'est aussi, si mes souvenirs sont bons le contraire de l'idee qu'on nous donne a l'ecole qui parle de la fin de l'U.R.S.S. comme d'une liberation pour les peuples. Jambuli m'explique qu'a l'epoque, il y avait du travail pour tout le monde, que le travail n'etait pas dur, qu'ils avaient l'occasion de voyager dans toute l'union sans avoir besoin de visa. Et actuellement c'est presque aussi dur pour un Georgien d'obtenir un visa pour l'espace Shengen que de sortir d'U.R.S.S. a l'epoque. İls avaient aussi des bonnes ecoles. İls disent que l'argent etait mieux redistribue alors qu'aujourd'hui les presidents mettent tout l'argent dans leur poche et celle des copains.
On a essaye avec pleins de questions de leur faire dire un truc negatif sur l'union mais on a pas reussi. Meme par rapport a la liberte de pensee, effectivement fallait pas critiquer le parti mais eux ne voyaient pas de raison de le faire.
En general, d'apres mon experience, on dit tjrs que c'etait mieux avant alors comment savoir la verite. Mais je pense que c'etait plus un probleme pour les intellectuels et artistes non traditionnels que pour le peuple comme celui qu'on a rencontre. On a meme croise un vieux avec une canne rouge son costume en feutre gris et ses medailles de l'union agrafees sur la poitrine.
Nolig.
Pour une poignee de dollars (925 exactement)
Enfin arrive le moment de vendre ce tas de feraille qui devient un poids pour nous (1tonne560 a vide, c'est vous dire si c'est lourd...) . On a d'ailleurs du mal a croire qu'elle peut faire le bonheur de quelqu'un mais bon, tant mieux.
Ca a pris a peu pres une journee de coup de fils et d'aller retour de notaire en notaire rien que pour savoir ce qu'il faut faire pour la mettre en regle. Bien sur on ne faisait que suivre Aslan accompagnes de Sopo, qui sert d'interprete assez regulierement mais de toute maniere on y comprend rien quand meme. En tout cas, Aslan a beau tenter chez tous les notaires de Batumi et insister a chaque fois, rien a faire, il faut aller a Tbilissi. Une nouvelle loi est passee. Le president veut tout centraliser a Tbilissi et Tbilissi c'est a 400km d'ici...La loi c'est la loi et le president est un con (tout le monde le dit ici, sinon je ne me permettrais pas... İl a quand meme bien fallu que quelqu'un vote pour lui...quoique...y'a pas tjrs besoin...).
Premierement, pour faire les papiers de la voiture il a fallu sortir de la Georgie, aller en Turquie et faire demi tour pour ressortir de la Turquie pour revenir en Georgie (je precise car on dirait pas comme ça sur le papier, mais a chaque entree il y a au moins 2 bureaux et idem a la sortie...) pour ensuite aller chez un notaire faire un acte de vente.
D'ailleurs on a failli pas vouloir nous faire passer en Turquie parce que la voiture est soit disant trop vieille.
Alors j'ai demande au douanier si le fait qu'elle avait 27 ans et 2 mois la premiere fois qu'on est rentre en Turquie sans aucun probleme et qu'elle a 27 ans et 3 mois maintenant posait reelement un souçi puisque apparament l'ennui c'est pas les 27 ans mais ce petit mois...İl nous a laisses passer mais nous a precise, sans prendre de risque, qu'il ne voulais plus nous voir passer avec cette voiture en Turquie...ducon. J'ai appris par la suite que quand on arrive de l'europe il n'y a pas de problemes mais que quand les Georgiens viennent en turquie il y a une limite d'age pour les vehicules, enfin,c'est ce que j'ai cru comprendre.
Bref, sans ces papelars pas possible de faire l'import et en plus si on vendait quand meme le vehicule sans le declarer a la douane Georgienne je ne pourrais pas sortir de la Georgie (c'est moi le titulaire du vehicule)et j'aime bien ce pays mais la faut pas tarder a partir avant que l'alcoolisme ne me gagne franchement.
Toujours chez Jambuli, autant rester a Batumi chez lui plutot que de faire des aller-retour de chez Aslan, Mac'hunseti, a ici. D'autant plus qu'on commence vraiment a bien s'entendre avec les quatres membres de cette famille assez a part compare a ce qu'on connait des georgiens. Et c'est incroyable tout ce qu'on arrive a se dire sans parler de langue commune.
Deux jours plus tard, on part direction Tbilissi a 1h du mat' apres le match Espagne-Russie, ou plus precisement apres le 3e but des espagnols qui a decourage nos amis d'ici qui sont presque tous pour les russes. On monte dans la Marschroutka (minibus roulant en quantite sur les routes georgiennes, armeniennes et surement russes puisque c'est un mot russe, dont le destin est d'emmener les gens d'un point a un autre au benefice des boites privees qui ne contiennent generalement qu'une personne. Yona et moi on se sert aussi aussi de ce mot pour se faire des frissons quand on se le murmure dans l'oreille...) dans laquelle Jambuli travaille une fois par semaine a peu pres. Celle-la sert au transport de marchandises entre Batumi et Tbilissi. Une grosse remorque est attelee derriere en plus du fourgon remplis ras la gueule. Tant mieux, comme ça on pourra pas rouler vite.
On roule en fumant des clopes tout les 5 minutes avec la musique du pays a fond, entre sommeil et eveil avec un petit peu d'excitation, fenetre ouverte, l'air est tiede et je me sens libre. Ca me rappele quand on partait de nuit en camion a Paris avec mon oncle pour demenager un coup ma grand mere et une autre fois son frere (a mon oncle pas a la grand mere) qui venaient s'installer en Bretagne. Merci Tonton, ce fut des bon moments pour moi.
Retour en Georgie. A un moment, pendant une pause, je descend pour me degourdir les jambes et j'inspecte par curiosite le systeme de freinage de la remorque ( oui oui, ce genre de trucs m'interessent vraiment) et je constate que le bocal d'huile est ouvert et qu'il n'en reste plus beaucoup, de l'huile. Ca n'aurait pas d'autres consequences, une fois le petit bocal vide, que de ne pas freiner la remorque pleine a craquer. Je signale le pepin tranquillement....et hop, une chaussette qui traine par la fera bien l'affaire pour remplacer le bouchon...C'est reparti.
Apres 6 ou 7h de route, arrivee dans le Tbilissi qui s'eveille et le nous qui s'endort, la marschroutka nous largue Aslan et moi devant la maison qui est supposee etre une office de notaires mais qui n'en est pas ou plus une...quand on frappe a la porte, on entend l'echo se perdre au loin... Le soleil tape, l'air n'est plus tiede mais bien chaud, le cerveau eteint et vraiment pas l'envie de courir la ville pour rien.
En resume, on a passe la journee a chercher, attendre des heures et des heures comme j'avais jamais fait, a trouver, aller et revenir, payer, pester, pas se comprendre et finalement y arriver...ouf! On a repris la marschroutka du retour vers 6h du soir. 11h a faire des paperasses, presque 100 euros depenses en notaire et taxi et ca c'est juste pour l'import, la carte grise n'est pas faite (mais ca je m'en fous, c'est plus mon probleme). On se plaint en France mais en fait c'est pas si mal foutu que ca...Mais je gueulerai quand meme la prochaine foi que j'irai a la prefecture...
Et nous dans l'affaire, qu'est-ce qu'on y gagne? Un beau titre pour cet article et la moitie du prix d'achat de la voiture ...Mais surtout on est debarasse.
Nolig.
08 juillet 2008
Vivement un pays ou l'on trinque avec des tomates cerises.
Les 6 premiers jours on est reste chez Jambuli.
1er jour : arrivee a Batumi. Bon accueil chez les shotadze, c'est-a-dire Jambuli, Marina etc. Sopo
2e jour : aller-retour en Turquie.
3e et 4e : jours, aller-retours chez les notaires, visite de la ville qui dans certain cote n'a rien a envier de l'europe et qui d'autres cotes sent le tiers monde a plein nez.
5e jour : Tbilissi.
6e jour : direction chez Aslan pour 2 jours.
En general, que ce soit chez Jambuli chez Aslan ou chez les autres, on se fais servir a manger tres regulierement pleins de petits plats avec de la salade genre grecque, du fromage, du poulet a la sauce aux noix, de la confiture, de la creme fraiche, du beurre fondu melange avec du fromage fondu, des oeufs cuits genre poches dans une sauce a chais pas quoi, du pain etc. Dans l'ensemble, on mange tres souvent la meme chose d'un endroit a l'autre et d'un repas a l'autre.
Chez Aslan, c'est un tout petit village entoure de montagnes, ou plutot des collines tres verdoyantes. On pourrai se croire, si on etait largue la les yeux bandes, dans les tropiques. D'un cote une cascade, de l'autre une riviere traversee par ce magnifique pont qui date de l'epoque du Roi Tamari. Je n'ai pas reussi a saisir vraiment qui c'etait, j'ai cherche sur le web sans grand resultats. D'apres eux donc ce pont aurai 1200 ans...ce qui ne correspond pas aux dates qui accompagnent ce nom quand on le tape sur google. Bref ce pont a l'air completement surrealiste on se demande vraiment comment une voute aussi longue et peu voutee tient. 'zavez qu'voir sur les photos qui normalement seront la en temps voulu.
L'eau est trop bonne, le premier jour je me suis baigne (pas maYo(na) car elle avait pas de mayo..heu de maillot. Maladiet!) avec toute la ribambelle de jeunes du village qui nous suivent partout et qui sont tres gentils mais dans l'ensemble un peu lourdauds. Je me suis meme jete du pont qui fais 7 m de haut. On se fais tout de suite emporter par le courant, c'est vraiment impressionnant mais tres agreable. Ce pont a quand meme failli couter la vie de Beso, le fils d'Aslan, qui a plonge du pont pendant un mariage pour impressionner les filles alors que la profondeur etait tres limite...maintenant il a beaucoup de difficultes a marcher, il a un bras presque mort et des cicatrices enormes partout. Ça, c'est la signature des toubibs Georgiens.
La veille, en arrivant on s'est tape une grosse cuite...sans faire expres. Le vin (au gout de vinaigre, mais surtout faut dire qu'il est bon...) c'etait volontaire mais pour les quatres verre de tcha-tcha j'ai vraiment ete force...de toute façon si on accepte le premier apres on est oblige d'en boire 2 autres pour que ça fasse 3 (sinon ça porte malheur) et apres comme un con on en redemande tout seul.
La tcha-tcha, c'est comment dire... de la vodka artisanale, de l'eau de vie quoi. Ça fait entre 60 et 80 degres. Voila donc la vodka c'est du cidre (vraiment ça m'est arrive quelques fois seulement d'en boire et ça passe comme du petit lait)...Heureusement, il y a cette judicieuse tradition qui consiste a manger en permanence pendant qu'on boit, tjrs de la salade du pain et du fromage trop sale (la faute est faite expres pour pas qu'on croit que le fromage n'est pas propre) mais c'est pas grave, et a trinquer au moins 2 fois en disant un coup gaoumarjos (longue vie) ta mere un coup gaoumarjos les georgiens, un coup gaoumarjos la france etc. Plus on boit et plus on se sent copains...on s'embrasse on s'aime mais on sait meme pas comment on s'appelle...
Yona a trouve au moins un avantage a etre une fille (a part sortir avec moi bien sur...) c'est qu'on la tane pas pour boire.
Ce soir la, je me suis meme pris un coup de sabot dans le tibia de la part d'un cheval qui a du confondre mon haleine avec celle d'un de ses copains, mais bon j'ai rien senti (sauf le lendemain) mais quand meme l'envie de lui foutre une tarte...merci tcha-tcha. Ca a encore fini a 4 pattes sous la table de jardin a rendre l'ame de l'estomac, merci de tout mon coeur Yona pour ton soutient precieux dans ces moments de honte (on est chez des gens tout de meme!) et d'abandon de soi.
En tout cas, ma reputation est faite, les guets-apens desormais seront durs a esquiver. İl faut vraiment etre tres ferme pour ne pas boire d'alcool...oui meme de la biere merci (paskeu pour certaines personnes la biere c'est pas de l'alcool et vraiment elles ne comprennent pas.). Une fois j'etait tres heureux d'avoir reussi a boire du coca, j'y ai d'ailleurs depense tellement d'energie que 2h plus tard le cousin a Jambuli (que nous rencontrions pour la premiere fois) a debarque, reattaque avec l'aide du beau-fils d'Aslan ( il s'appelle Jambuli comme le pere a Enri et Gouranda, les enfants de Marina...) j'avais plus de force et j'ai cede. Yona commence a comprendre que les hommes sont faibles. Par contre cette fois c'est lui qui s'est casse la gueule dans un bac d'elevage a poissons en essayant d'en attraper a l'epuisette.
Le deuxieme jour s'est passe tres tranquillement, la tete un peu embrumee a cause du reveil tardif. Le lit qu'on nous offre chez Nestani et Jambuli (la fille et le beau-fils d'Aslan et Nariko, dont beso est le fils donc le frere de nestani...ok?) est vraiment pourrave. La communication passe tjrs par des efforts en faisant des gestes et en utilisant les quelques mots de georgiens qu'on apprend chaque jour et qu'on est presque capables de faire une phrase (en tout...une phrase en tout).
İl pleut des cordes pendant des heures, on peut constater que la maison n'est pas tout a fait etanche a certains endroits. On commence a s'ennuyer un peu, on ne se sent nul part aussi bien que chez Jambul et Marina.
Le comfort on s'en fout mais dans l'ensemble, un peu partout; meme si on prend du bon tps quand meme; on a l'impression d'etre les nouveaux jouets des gens et parfois c'est vraiment desagreable. İls veulent tout le tps nous prendre a temoin pour dire ça c'est beau ou c'est pas beau ou si on prefere la Georgie ou l'Armenie etc. On nous presente un concombre comme si c'etait la premiere fois qu'on en voyais un. Pour eux tout ce qu'il y a en Georgie est ce qu'il y a de mieux alors qu'ils ne se sont meme pas demande si ça existe ailleurs. D'ailleurs, on n'arrete pas de nous vanter le vin artisanal Georgien qui, je trouve, ne vaut pas un clou.
J'en ai quand meme trouve du pas mauvais du tout dans le commerce.
Cet apres-midi-la, Jambuli de Batumi (le pere a Enri et Gouranda....bla bla) est arrive avec Edo et Ednari, qui je crois sont les neveus a Marina et qu'on voit tres souvent chez elle d'ailleurs. İl nous arrache de mac'humseti, merci, et nous emmene a kwashta,un tout petit village dans la montagne quelques km plus loin, pour rendre visite aux parents a Edo et
Ednari qui nous gavent de nourriture et ou le vin coule a flots (pas vraiment la peine de preciser je crois...).
On s'en va dans la nuit pour aller quelques dizaines de metres plus loin chez les parents a Marina. Son frere est la avec sa femme qui est la soeur d'İrakli (si j'ai bien compris mais je suis vraiment pas sur) qui lave des voitures a cote de chez jambuli et Marina, un de ses neveu (a Marina) en vacances.
Et rebelote on nous ressert a manger alors qu'on sort de table. On picole tranquillement et gaiement, on chante, moi en breton eux en Kartouli (Georgien) et on va se coucher.
Le lendemain : petit dej copieux puis direction chez les parent a Sopo (notre interprete) qui est un cousin a Marina ansi qu'un cousin eloigne de Jambul. Merde!, il produit vin et tcha-tcha, on est mal bare! Et il n'est que midi...Chez eux, on fait la rencontre d'un peace corp (je crois que c'est comme ça que ça s'ecrit), un genre de SVE mais pour les ricains.
Ce soir la on refesa une fete pour notre depart, chez Aslan. Cette fete ressembli beaucoup a la toute premiere a part que je controla mieux ma consomation et mon estomac restu tres pudique. Et nous rentrissiames avec jambul et la familia a Batumi.
Malgre la pression forte faite sur nous nous ne restamiames pas plus de 3 jours avant de partir pour un fou periple seme d'embuches et d'experiences hors du commun. Nos fideles destriers pietinassent du pneu sur le tarmac depuis plusieurs jours deja. Attendre plus longtemps fusse parti du domaine de la folie, ces betes fougueuse deviendrissasses incontrolables et nous menererassissent droit vers la mort, a coup sur.
Nolig.
15 juillet 2008
İl etait une fois dans l'ouest (de l'orient) sur nos chevaux de fer.
Premieres impressions :
A une date tres precise qui ne restera pas gravee dans la roche, alors que le spectacle d'Enri n'eut meme pas lieu, nous partimes, laissant derriere nous des torrents de pleurs et de larmes, sans nous retourner.
Mais soudain, alors que nous n'avions fait que 2 km, une lada rugissante, surement remplie de malfaiteurs nous aborda. Tintintin!..C'est rien les gars, c'est Jambuli qui me ramene mes gants que j'ai oublies...
14 km nous separent de la frontiere Turque. On ne se rend pas trop compte de ce qu'on est en train de faire, jusqu'ici c'etait que des paroles. On passe la frontiere. Personnelement j'ai l'impression d'etre a poil. On dirai vraiment qu'il manque quelque chose, c'est pas possible d'avoir que ça. Pourtant : une tente, une bache, des sacs de couchages un rechaud, 2/3 trucs a cuire, de l'eau, des fringues de rechanges etc et pas mals de trucs inutiles qui pourraient servir, ça devrai aller.
Quelque part je me sens un peu perdu au milieu du monde avec mon petit velo et sa remorque et ma petite copine.
Bien sur tout le monde nous a mis en garde par rapport au turques, surtout ceux qui ne sont jamais alles en Turquie. İls ont des grandes dents, les oreilles pointues, la tete plate et en plus ils sont musulmans...c'est vous dire si c'est grave! De toute maniere c'est trop tard, on y est. Et puis j'ai mon opinel taille 8 quand meme.
Apres la frontiere, c'est le soir, une file de camion de plusieurs km de long (sans blagues) attend pour rentrer dans l'autre sens. Tout les chauffeurs sont en train de faire la sieste, boire du tchai ou en train de secouer le gras de leur bide sur le rythme d'un son dance caca qui sort de la cabine d'un camion. İls sont pratiquement tous Turques et ils nous regardent d'un air un peu bovin (comme dirait ma maman)...un air qu'on verra souvent par la suite d'ailleurs.
La route est drolement lisse et large compare a la Georgie. les velos glissent dessus comme les danseuses trad Georgiennes sur la seine. heu sur la scene plutot. Au bout de pas trop longtemps on decide de s'arreter et de planter la tente avant qu'il ne fasse completement nuit. Un carre de beton entre la mer et la route fera bien l'affaire. D'ailleurs ça a l'air d'etre fait expres pour les tentes.
Le lendemain lever de bonne heure pour essayer de rouler a la fraiche. Au bout de quelques heures de pedalage, la chaleur commence a bien se faire sentir et on a faim. On s'arrete dans un restaurant dans une ville qui n'a pas l'air bien active pour un midi...regardons l'heure...Ah! İl est que 9 h, c'est pour ça que y'a pas de kebab sur la broche et que tout parait vide. On a traite les Turcs de feignasses en passant dans les villes d'avant qui etaient desertes aussi mais il etait peut etre que 6h30.
Nolig.
Le velo, quand on voit les gens en faire avec des gros bagages sur le bord de la route, on se dit forcement que seuls des fous peuvent faire une chose pareille. C'est surtout pas une idee de feignant, c'est une idee d'Allemand ou de Hollandais rigoureux, blond, filiforme, muscle et sportif. Moi et Nolig on est pas des allemands rigoureux, blond et sportifs. On est juste filiformes et surtout des gros feignants. C'est encore une fois la preuve qu'il ne faut pas se fier aux idees prerequises, parce que nous faisons actuellement partie de ces gens qui pedalent en plein cagnard avec des grosses saccoches accrochees aux portes bagages (grosse remorque pour Nolig, style "semi-remorque" qu'il affectionne particulierement. Et oui c'est un garçon et il aime les gros camions -je ne parle pas de moi-).
Je redoutais un peu de mettre en pratique cette idee, et d'avoir reve a quelque chose qui allait me faire pester, m'ennuyer, m'essouffler, me fatiguer et porter gravement atteinte a ma feneantise. On avait deja un peu experiente la chose sur l'ile de Skyros en Grece, et j'avais ete etonnee de constater a quel point mes cuisses m'avait ete fıdeles. Mais la verite c'est qu'on ne peut pas se fier a une moyenne de 10 kilometres par jour.
Pourtant, cet etonnement se renouvelle encore maintenant alors que la moyenne kilometrique tourne aux environs des 50 kilometres par jour.
İl ne faut pedaler ni trop doucement, ni trop vite, laisser les camions et les paysages defiler. Parfois mon esprit est occupe par une chanson, souvent debile, qui tourne en rond en rond en rond dans ma tete comme les roues du velo. D'autres fois je pense a la France, a ce que je ferais une fois arrivee, a ce que je vais pouvoir coller dans les toilettes de l'appartement a Grenoble, j'essaye de me souvenir de la cuisine : est-ce qu'il y a un four? Je m'imagine une routine, je pense aux gens que je pourrait retrouver, et je leur sert du tchai (thé turc) chez moi a Grenoble. Et puis mon esprit derape alors que la gomme reste collee a l'asphalte, pas longtemps, subrepticement parce qu'il n'a pas l'habitude d'oublier le corps actif auquel il est attache : mon estomac gargouille et mes cuisses s'engourdissent, le soleil se fait haut et la chaleur imposante.
Yona.
Fini les premieres impressions.
Le soir du 2e jour, on cherchait un endroit pour planter la tente dans une petite crique artificielle comme y'en a plein sur cette cote. De toute maniere, jusqu'a İstanbul presque, on va longer la mer noire. Donc on va voir un pecheur et on lui demande si on peut se poser la. Bien sur y'a pas de probleme et il nous propose meme de rentrer nos velos dans sa cabane a bateau. D'un coup il se met a pleuvoir des vache qui pissent des cordes (Yona style...) et on est bien content d'etre a l'abri et de ne pas s'etre arretes 5min. plus tard.
Et puis finalement y'a un autre pecheur qui nous propose de dormir dans sa cabane ou y'a plus de place, puis il appelle sa femme pour qu'elle apporte a manger. Gavage de poisson. Ensuite du the et puis finalement on a carrement dormi dans sa maison...On voulais juste planter notre tente...Des le 2e jour, on est meme pas sortis de l'ambiance de la Georgie que ça recommence. J'avoue qu'on a pas refuse l'invite par politesse mais en vrai on avait un peu envie d'etre seuls. Trop d'hospitalite c'est pas bien, juste la cabane aurai suffit. Mais merci quand meme, parce que c'etait bien gentil de leur part.
Le lendemain on a dormi sur une plage qu'un gars nous a conseille. On essaie tjrs de trouver des endroits peinards pour pas etre emmerde par des gens qui viennent picoler, ecouter de la musique a donf faire des burns avec leur tofas (la fiat locale).
On commence a avoir notre petite routine, on essaie de se lever pas trop tard pour rouler quand il ne fait pas encore trop chaud. Le petit dej' est compose d'un grand the accompagne de tartines de pain qu'on achete la veille et de confiture qui nous a ete donne en georgie. On s'arrete generalement vers midi ou un peu avant pour manger dans des petits resto -ou y'a un internet cafe pas trop loin- qui ne coutent vraiments pas cher et apres on file digerer sur internet en essayant de rattraper tout le retard qu'on a pris sue le blog quand on buvait de la vodka...Le soir on repart quand la grosse chaleur est passee c'est-a-dire vers 4 a 6h. On depense environs 30 lira par jour ce qui correspond a-peu-pres a 15 euros (a deux, ce qui fait 7euro par personne.).
Et puis les 3e et 4e nuits, couch-surfing a Trabzon chez Ali. Un gars tres sympas mais avec qui on a pas les meme aspirations comme par exemple aller sur une plage payante pour avoir de la musique de merde en permanence (sauf pendant la priere) et un perimetre de baignade.
Petit a petit, on fait de plus en plus de km par jours, genre 60 maintenant.
Passe Trabzon, les gens on l'air vachement differents, ils nous helent beaucoup plus qu'avant, l'impression d'incarner E.T. devient forte. C'est pas trop agreable. Les gens nous parlent en Turc sans trop se demander si on comprend ou pas. Et puis on trouve un endroit pas mal pour planter la tente mais on est meme pas arrive qu'un gamin relou viens nous voir pour nous demander plein de trucs en Turc d'un air pas trop net. Je me dis qu'il a une tete a rameuter tout le quartier une fois qu'on sera installes et j'ai pas envie de repondre a tout un tas de questions qui me semblent sans interet (surtout quand c'est le seul echange avec les gens et que ça se reproduit 4 fois par jour) comme : vous etes freres ou maries? vous etes d'ou et est-ce que la Turquie c'est super?..
Donc on decide d'aller plus loin, 1 ou 2 km environ, on plante la tente et qui c'est qu'on voit pas debarquer? vous avez devine, le meme que tout a l'heure accompagne de 4 de ses aines...non on est pas maries, oui on est français, oui il faut pedaler pour faire du velo, non mercedes c'est pas français c'est allemand etc. Heureusement ça ne dure pas trop longtemps... bye bye...ouf!
Nolig.
20 juillet 2008
Catastrophe!
Deux jours apres Samsun.
Avant-hier, on pedalait sous la pluie. Yona s'est casse la figure en voulant faire un beau virage avant de s'arreter sur le bord de la route. Gros chagrin. Gros mal de fesse. J'etais touche par toute la douleur que semblaient exprimer ces grosses larmes..ma p'tite yona bouhouhou! Meurs pas...pas maintenant...
Pendant que j'essayais de la reconcilier avec une respiration normale alors qu'elle etait encore alongee par terre avec le velo en vrac, le chauffeur d'une fourgonnette hyundai s'est arrete pour voir si tout allait bien. J'ai eu beau dire : " Problem yok " (j'ai pas de probleme), il n'a pas eu l'air convaincu. Et puis il m'a montre sa plaque de policier avant de nous inviter chez lui pour manger se doucher et dormir.
Je n'ai pas su lui dire que je ne donne pas plus ma confiance a un flic qu'a quelqu'un d'autre. (je n'ai pas essaye non plus j'avoue). En fait je me mefie de l'humain en general ,surtout en meute, tout en donnant une chance presque a tout le monde.
Bref, on charge les velo et la remorque dans la fourgonnette. On etait tout trempes et un peu terreux, j'osais pas m'asseoir sur les sieges.
Enfin, on s'est douche dans une belle maison, change, on a mange et dormi dans un bon lit.
On reçoit beaucoup depuis le debut du voyage. On pourrait culpabiliser mais je ne pense pas que ce soit necessaire. Apres tout, Jesus avait bien raison quand il a dit de donner sans rien attendre en retour. Parfois c'est encore plus dur de savoir accepter des offrandes sans vouloir payer pour etre quitte. De toute maniere on a pas vraiment le choix puisque on a pas grand chose a donner a part notre compagnie.
Le lendemain (hier), nous repartons en fin d'aprem direction Sinop qui se trouve a environ 100 km de Samsun d'apres Yona...On est pas vraiment a 60 km pres me signale ironiquement le premier paneau d'indication que je croise. Puis je ne sais pas trop pourquoi mais j'ai la sensation que le voyage commence ici. Peut-etre parce qu'a partir de Samsun nous quittons la route que nous avons deja emprunte a l'aller. Meme si ni l'un ni l'autre on a reconnu quoi que ce soit.
J'ai un sentiment de liberte quand le soir on s'arrete pour dormir, qu'on sort le petit rechaud et la tente. On a tout ce qu'il faut et ça tient presque dans la poche. Pas de poid sur la conscience, pas de comptes a rendre, pas de stress a part celui qu'on veut bien se mettre. Et on depense si peu d'argent sans se forcer que meme de ce cote la y'a pas de souçis.
Juste une bonne soiree de temps en temps a boire de la biere pour agrementer des discussions plus passionnantes que celles qu'on a en general avec les gens d'ici me manque assez regulierement, snif...j'ai le mal du pays...
Nolig.
Nous avons quitte Samsun, la derniere grosse ville au bord de la Mer Noire jusqu'a İstanbul. Longer la mer n'est pas vraiment un racourci, un simple coup d'oeil jete a la volee sur la carte en porte le temoignage. Nous on se sent bien au bord de la mer, c'est comme un repere, une fraicheur qui nous accompagne, espoir sous le soleil ecasant. Alors on voudrait qu'elle reste la, paisible ou agitee, bleue comme en Grece ou grise comme en Bretagne, tant qu'elle est a notre droite c'est que nous sommes dans la bonne direction.
Jusqu’ici (Samsun) la route est plate, les kilometres defilent de plus en plus rapidement a mesure que notre corps s’habitue au rythme du velo. Un peu apres Samsun, nous quittons la grosse route, large et lisse avec une grosse bande d’arret d’urgence rien que pour nous, pour une petite route a double sens. La ciculation est toujours assez importante et nous cottoyons d’encore plus pres les chauffards turcs inconscients et particulierement cons, il faut le dire. İl y a celui qui te claxonne gentiment pour te prevenir qu’il arrive (celui la ça va), celui qui te claxonne frenetiquement parce qu’il se croit au tour de France (meme si c’est sans mauvaises intentions ça commence a devenir tres enervant), celui qui te claxonne fort au moment ou il te double pour te voir sursaute, le connard, et celui qui reste assis sur son claxonne parce que monsieur n’a pas la place de depasser et ça l’enerve, mais ça l’eneeeerve qu’un petit velo de rien du tout l’empeche de passer. Celui la j’ai cru qu’il arrivait a fond deriere moi et qu’il n’avait pas le temps de freiner, qu’il allait me masacrer. Quand j’ai vu qu’il etait au ralenti derriere moi, alors que la rougeur de mon visage et mon rythme cardiaque avaient decuples, en faisant une grimace de colere j’ai crie de toute mes forces : “mais ça va paaas nooon!!!”. J’espere juste que comme il ne parle pas français il a compris “gros con encule de ta mere la pute espece de bachibouzouk”. Comme j’ai pas l’habitude de dire des choses comme ça je n'y ai pas pense…
La petite route a double sens quitte tout a coup le bord de la mer. Sans la brise maritime, la chaleur devient insurmontable en milieu de journee. Dans cette region les gens font pousser du tabac, ils plantent les feuilles en ribambelle sur des perches qu’ils suspendent les unes a cote des autres. C’est joli et ça sent bon.
Degoulinants de sueur on s’arrete devant un petit magazin pour acheter des tomates et se faire une salade avec les concombres et les poivrons que nous a donne le proprietaire du champs dans lequel on s’est reveille ce matin. On s’assoie sur petits tabourets sous le parasol, et la famille qui tient le petit magasin au bord de la route nous sert les quatres tomates qu’on a achete decoupees dans un assiete. On y rajoute nos concombres et nos poivrons, du fromage et de l’huile d’olive. Pour le dessert on grignotte des abricots et des figues seches. Nolig tend une figue a une des deux petite filles qui nous regardent, curieuses avec leur yeux qui petillent. Elle la prend hesitante, on dirait qu’elle n'en a jamais manger parce qu’elle regarde ce truc pas tres apetissant a l’oeil et n’ose pas gouter. Elle va voire sa mere qui doit lui dire quelque chose comme “mais si c’est bon”, et elle mange. En effet ça a l’air bon. Apres ce festin on demande si il y a un endroit ombrage pour s’allonge. L’homme nous mene quelque part, c’est en fait une petite maison et on peu se reposer sur les canape.
Je m’endort vite dans le courant d’air des deux fenetre ouvertes. Quand je me reveil j’ai cette sensation d’etre au milieu de nulle part, de ne pas trop savoir pourquoi y etre sans avoir envie d’etre ailleurs. Mon esprit et mon corps sont engourdis par la chaleure et le sommeil a peine evapore. L’atmosphere me rapelle celle de “Bagdad Cafe”.
On decide de reste encore un peu au frais avant de reprendre notre route. İl fait encore chaud quand on enfourche nos montures. On fini par retrouver la mer, et elle est encore plus belle que quand on l’a quitte. Envie de se baigner. On va pas s’arreter toute suite quand meme, alors que le fraicheur de la fin de journee vient juste d’arriver. Plus tard, plus tard… Oui mais plus tard la petite route quitte encore la mer, et elle commence a donner des signes de pente. J’ai pas envie de monter, j’ai envie de m’arreter, j’ai mal aux jambes. Je fais part de cette envie a Nolig d’un air incertain, avec des “si tu veux on fait comme ça” et des “je sais pas, comme tu veux”. “On a qu’a rester a crever ici dans l’incertitude!” me dit-il. Cette replique cinglante, pinçante et en plus pas completement fausse me vexe profondement. “C’est ça on a qu’a creve ici c’est bien!” je repond. Et on repart en pedalant d’un air enerve parce que j’avait dit “comme tu veux” et qu’il avait dit “si je veux on continu”. C’est vrai que comme la mer n’est plus la et que ça commence a monter, autant profiter de la fraicheur pour continuer.
Petit campement dans un sous bois a cote de la route. Des pates englouties dans la nuit et nos corps enfins reposes, detendus et horizontaux.
Reveil tard et difficile. İl fait deja trop chaud. On repart, la route plate est terminee, maintenant c’est dix kilometre de monte, dix kilometre de descente, dix kilometres de montee… Le cycliste anglais qui allait au Vietnam et les cyclistes suedois qui allaient en Chine nous avaient prevenu : ce passage au bord de la mer pour aller a İstanbul est tres joli, par contre c’est vraiment dur. On a croise aussi une cycliste japonnaise qui etait partie du Nepal et qui allait en Europe. Decidement a cote d’eux on fait la ballade du dimanche. Peut etre qu’on est pas si fou, ils nous ont rassure. On se demande quand meme si on va pas finir par prendre le bus si ça continu d’etre aussi difficile. Peut etre qu’encore une fois l’indecision va nous faire continuer plus loin, qui sait?
Yona.
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